9eyes, ce sont les 9 yeux de Google Street.
Durant plusieurs années, le canadien Jon Rafman a épluché les méandres de ce « catalogue », qui n’avait à l’origine aucune visée artistique, afin de révéler notre monde sous le jour le plus vrai qui soit.

9eyes, c’est la mutation d’une mécanique débile en omniscience divine ; les tableaux sont nus de tous choix artistiques, convictions politiques ou morales. Les scènes de violence, les incendies, la prostitution et les cimes neigeuses, les lumières décolorées d’un désert, un buffle ou un élan au bord du chemin et l’individu précautionneusement anonyme construisent ensemble un pays qui n’existe pas.

Avec 9eyes, Jon Rafman fait exhibition du plus pur des hasards; les scènes sont chacune créées par la simple existence des individus qui se trouvent, à cette heure et à cette latitude, dans cette situation, par l’état le plus naturel qui soit des choses.
L’oeil dépossédé de Google Street laisse dans un état entièrement neuf les dénominateurs créatifs : l’insolite, la magie, la douleur remplissent en permanence le monde et ce indépendamment de nos névroses et sensibilités artistiques.

Le projet de 9eyes ne relève plus de la création en soi ; Jon Rafman opère grâce à Google Street une récolte : lorsque la nature crée pour l’artiste, il ne s’agit plus pour lui que de reconnaître et capturer la beauté qu’on lui livre.
www.9-eyes.com/