Gabriel Kröger

[Interview] Gabriel Kröger, jeune rockeur cynique déjà couronné par les Inrocks

Image d'avatar de AugustinvAugustinv- Le 26 février 2026

Découvert dans les petites salles de concerts parisiennes, Gabriel Kröger est le gagnant du prix Inrocks Super Club 2026. Rencontre avec cet artiste français, adepte de la chanson rock, mêlant folk-punk et rock alternatif avant la sortie de son prochain EP ochain EP.

Portrait Gabriel Kröger.

La création et l’expérimentation ne sont pas des options pour Gabriel Kröger, lauréat Inrocks Super Club 2026, elles sont son moteur. Multi-instrumentiste autodidacte, il façonne sa musique seul, libre et maître de sa création. Chez lui, le DIY (Do It Yourself) est un mode de fonctionnement essentiel dans son processus créatif.

Si l’on croit ses textes, Gabriel Kröger se dépeint en anti-héros, cynique, parfois vaniteux. Un personnage qui s’aime autant qu’il se déteste, et une plume acérée, traversée d’autodérision avec un aspect sombre. Sur scène, le visage dissimulé sous une cagoule en maille, il avance avec l’attitude de ceux qui n’ont rien à perdre ou à prouver. Nous sommes allés à la rencontre de Gabriel Kröger pour explorer les contours de son univers sombre.

Gabriel Kröger - je déteste les gens tristes

Pourquoi as-tu choisi Gabriel Kröger comme nom d’artiste ? 

Gabriel c’est mon prénom, Kröger en revanche, c’est un nom que j’ai emprunté au héros d’un roman (Tonio Kröger) qui s’appelle Tonio Kröger, c’est l’un des premiers romans de Thomas Mann, un auteur allemand.  

Quand j’avais lu ce bouquin, je devais avoir 17 ans et ça m’a vachement marqué à l’époque. Le personnage est très touchant et je m’identifiais à lui en quelque sorte par rapport à ce qu’il vivait et ressentait. Puis, quand j’ai mis mes premiers morceaux sur Soundcloud, je me suis dit “il faut que je mette un nom complet” et c’est lui qui m’est venu directement. 

“Une éthique punk sur un style musical très acoustique”

Depuis combien de temps fais-tu de la musique ? 

Aujourd’hui ça fait 10 ans que je compose et 6 ans que j’écris des morceaux dont je suis fier, mais je suis surtout très fier de mes compositions principalement. Puis après, j’ai mis 2 ans à interpréter mes chansons sur scène et de les assumer pleinement en étant face à un public.

Quelles ont été tes influences dans la musique ? 

L’influence du mouvement anti-folk ou folk-punk qu’on ressent à travers mon premier projet “Le journal d’un jeune dégueulasse.” L’idée est surtout d’avoir une éthique punk sur un style musical très acoustique comme notamment un groupe anglais Crywank. Sinon sur une partie plus rock, ça sera surtout du rock alternatif, particulièrement celui des années 1990.  

It's Ok I Wouldn't Remember Me Either

Il y a un groupe qui m’a beaucoup marqué quand j’étais ado, je les ai suivis jusqu’à leur séparation, c’est The Districts, un groupe américain que je suis allé voir en concert à Paris quand j’avais 15 ans. Leur manière de faire de la scène et d’interpréter leur morceau m’a choqué et ça a été un élément déclencheur pour me dire j’ai envie de faire de la musique.

Tu fais pratiquement tout seul : tu écris, tu produis, tu mixes… Est-ce que c’est important pour toi d’avoir la mainmise sur ton travail et d’être plus indépendant ?

Oui, c’est vrai que j’ai toujours été dans une optique d’autoproduction et de DIY. D’une part, car j’aime cet aspect, mais aussi par nécessité. Je viens d’une petite ville de banlieue Mennecy, et personne ne savait faire ces choses-là. Quand je voyais des gens jouer plusieurs instruments, qui savaient s’enregistrer, savaient mixer, je me disais c’est trop fort de pouvoir faire ça. 

J’ai passé plusieurs années à m’entraîner et maintenant, j’ai réussi une bonne partie, le seul point qui me fait défaut, c’est sur le visuel. Puis, d’un point de vue personnel, je trouve que c’est super important de savoir faire ces choses-là, le côté “craft” et assembler les choses ensemble me passionne beaucoup. 

Lequel de tes morceaux conseillerais-tu à quelqu’un qui ne te connaît pas encore ?  

Je pense évidemment au premier son de mon nouvel EP qui sort le 12 mars “Je ne m’en sortirai jamais”. Je pense que ce sont des sons plus actuels et dont je suis le plus fier. Sinon pour rentrer un peu dans l’ambiance, un morceau plus ancien : « Orphée » dans “Les mémoires d’un jeune dégueulasse”, c’est un morceau fun qui sonne très bien. 

Comment tu abordes les performances live ? 

Alors j’avais déjà fait du live au début avec des groupes en tant qu’instrumentiste ou compositeur. Avec des amis on a vadrouillé en faisant plein de petites scènes parfois un peu miteuses… Le live a toujours été très important, c’est un énorme terrain de jeu en tout cas en tant que musicien. Mais, à partir du moment où je me suis mis à chanter mes morceaux, c’était plus difficile. 

 Le premier live solo, je l’ai fait en 2022 et j’étais terrifié de chanter ma musique devant des gens. En persévérant et en travaillant, on s’y habitue et maintenant pour moi c’est un gros défouloir, quand tu es yeux dans les yeux avec ton public, c’est un vrai moment de partage. 

Gabriel Kröger sur scène dans le cadre de la compétition des Inrocks
Gabriel Kröger sur scène dans le cadre de la compétition des Inrocks

Tu commences à faire des salles de plus en plus grosses la Maroquinerie, le Trabendo : comment on gère cette pression ? 

Aujourd’hui je suis tellement en confiance avec les gens autour de moi sur scène avec le public et la régie que c’est un plaisir, je ressens pratiquement plus aucun stress surtout de l’excitation et de l’adrénaline. Je pense ça me rend vivant, de tout donner pendant 45 minutes 1 heure, et je trouve plus stressant de devoir jouer dans une salle à moitié vide. 

Tu as gagné la finale du concours des Inrocks. Quelle est la sensation que tu ressens de pouvoir participer aux Inrocks festivals le 11 mars prochain ? 

C’est un immense plaisir de pouvoir y participer et à la fois un aboutissement d’un cycle. J’ai tout donné pour aller chercher ma place, j’ai beaucoup travaillé sur le live sur les arrangements, la partie technique, etc.… C’est une sorte de récompense pour moi d’avoir pu prouver ma valeur. C’est le début d’un nouveau chapitre, en allant chercher tous ceux qui ne me connaissent pas encore et ne savent pas encore qu’ils sont fans. 

Ton prochain EP sors le 12 mars comment tu le décrirais en quelques mots ?

Pour moi, cet EP décrit une image d’un rayon de soleil traversant des rideaux un peu opaques, traversant une atmosphère un peu lourde, mais, malgré les obstacles il atteint sa cible. Je trouve dans dans la manière dont c’est produit, on sent que ça craque, c’est sombre y’a beaucoup de détail mais il y a toujours des pointes d’espoir et d’énergie.  Puis il parle d’une période de ma vie pleine de recherche, d’errance par moment

Dans ce projet quel serait le morceau qui te représente le mieux ?

“Voir les signes”, pour l’instant, c’est un morceau que je joue en live, mais pas encore diffusé sur les plateformes de streaming. Il parle d’espoir de manière frontale par le biais du négatif dans les moments où on ne le voit pas. De plus, c’est un morceau un peu différent de ce que j’ai pu faire dernièrement et j’en suis hyper fier.

Est-ce qu’il y aurait des artistes avec qui tu rêverais de collaborer ? 

Oui, il y’en a plusieurs, un de mes rêves d’ados je pense à Will Toledo dans sa manière de créer, ultra DIY, ultra indé vraiment dans une esthétique où l’on bricole avec 3 bouts de ficelles. Et pour citer un français, je dirais Hubert Felix Thiéfaine, je l’écoute depuis que je suis petit et je le trouve très marquant dans son univers. 

Qu’est-ce qu’il y’a dans ta playlist actuellement ?

Je me suis remis l’album de Oklou parce qu’après la victoire au Trabendo j’avais envie d’écouter “Want to wanna come back”. J’écoute aussi le single “Soeur d’oranger” du groupe Grife, ce sont des super copines qui sortent leur album. 

GRIFE - Soeur d'oranger

Tu as beaucoup de choses de prévues, mais tu prévois quoi pour la suite ?

Alors comme on en a parlé j’ai mon EP qui sort le 12 mars. Il y’aura des petites captations lives et clips autour. Plus tard dans l’année le deuxième volet de l’Ep sortira. J’ai quelques dates chouettes qui arrivent le 21 mars au Rack’Am dans le 91, les Inrocks, je pense que ça va être une année assez chargée. 

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Augustinv
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