Rencontre avec Hervé, ce compositeur de ballades à la fois brutales et délicates. Perfectionniste, ferveur défenseur de la langue française, il articule les sonorités pour nous proposer des déploiements, des ascensions indociles et percutantes.

photo de hervé

Hervé. Comment décrirais-tu ton premier EP?

Hervé : Je dirais que ce sera avant tout, un EP de musiques électroniques, brut dans la forme et introspectif.

Dirais-tu que produire un premier EP est similaire à une introduction voire à une présentation?

Hervé : Un peu. Travailler seul face à son ordinateur pousse au questionnement, à une forme d’approfondissement. Parfois, je ressens un besoin de tout contrôler mais cette liberté de créer, de produire est magnifique. Je commence un morceau en ne sachant pas dans quel environnement je le terminerai.

« Va Piano » incarne une forme d’introspection voire de monologue. Cette mise à nu n’est pas déstabilisante ?

Hervé : Je perçois ce morceau comme un mantra. J’avais envie de traduire un moment de ma vie avec des mots. J’avais envie de me parler à moi-même pour extérioriser tout cela. Quand je termine une production, la pudeur se dissipe. Au moment de monter sur scène, je deviens une forme de moi-même, un peu comme un dédoublement tout comme ma musique. Quand je compose, la sincérité prime mais je fais abstraction de ces craintes. C’est le jeu !

Hervé photo

Ce morceau représente une ballade à la fois douce et brutale. C’est ta perception de la vie?

Hervé : C’est une dualité réaliste. J’aimais le fait de mélanger et de confronter une certaine douceur à des mots tragiques. Ce morceau est une ascension qui tend vers une explosion.

Le piano incarne une pièce centrale. As-tu toujours eu une relation particulière avec cet instrument ?

Hervé : Je dirais depuis mon enfance. Quand j’entendais des notes de piano, une sensibilité survenait automatiquement, une sensation inexplicable qui nous traverse le corps. Le piano incarne une pièce maîtresse dans mes morceaux, tout comme dans mon ancien groupe, Postaal. J’apprécie la superposition de sonorités brutes à la douceur de cet instrument.

Dirais-tu que tu fais de la musique mélancolique ?

Hervé : Je pense être un membre de ce club mais sans le chercher réellement. Ce sont des ressentis qui naissent et surviennent mais que je ne contrôle pas. Un peu lors d’une crise de nerfs, tu es entraîné dans un tourbillons d’émotions.

Hervé

Lors de la composition, recherches-tu une forme de cohérence entre tes morceaux ou une forme de lâcher prise ?

Hervé : En ce qui concerne l’écriture, je me sens totalement libre, dépourvu de contraintes. J’essaie de cadrer davantage la production pour donner une couleur à ce premier album.

Quels sont tes plus beaux souvenir liés à la musique ?

Hervé : Sans doute, Caribou à la Secret Garden Party. Eddy de Pretto m’a convié pour faire ses premières parties à l’Olympia. Au début, j’essayais de me convaincre que c’était une salle comme une autre mais sur place, cette sensation de grandeur survient. Jouer devant un rideau face à autant de personnes, c’était saisissant.

Comment imagines-tu la musique de demain ?

Hervé: J’ai entendu ce fameux “on assiste à un retour de la chanson” mais c’est surtout un retour à l’écriture. Pendant des années, on entendait des compositions en anglais pour que cela sonne bien. Cependant dans le rap, on se prenait la tête comme on continue à se la prendre aujourd’hui. La musique est une forme d’exutoire, un moyen de communication et d’expression unique. Je dirais que c’est un sentiment de liberté. Avec Postaal, je tournais beaucoup en Angleterre, cette barrière de la langue était problématique. De nos jours on peut tendre vers du rap sans que cela en soit ou tendre vers de la pop sans que cela en soit complètement. La musique de demain ne sera pas codée.

Hervé

Quelle est la suite ?

Hervé : Je continue à produire des musiques pour le premier album mais je ne m’impose aucune pression. Dans un premier temps, je vais m’appliquer à défendre mon EP qui est dense. Après cet été, je retournerai à la campagne avec mon ordinateur et mon clavier pour composer. Travailler dans un cadre naturel et sain. Que des belles choses, espérons !

Toujours sourire, toujours sourire, serre les dents, resserre les dents”

Hervé débarque au Point Éphémère le 20 mai prochain! 💥

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Crédit photo : Erwan Manchec

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