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Mieux vaut tard que jamais!! Chez Beware, on ne fait rien comme les autres. Alors que la tornade retombe à peine, on opte pour vous parler maintenant, encore tout groggy.

Comme on vous en parlait en mars dernier, le nouvel EP de FKA Twigs est enfin de sortie. Chorégraphe, auteur-compositeur, danseuse, vidéaste, la belle défie toutes nos limites et ose semer le trouble dans un environnement musical bien trop segmenté.

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Le titre de l’EP se prononce « Melissa », ce qui signifie « abeille » et, par extension, « miel ». C’est dire tout le bien que nous veut l’époustouflante anglaise : au cœur d’une production mi-organique, mi-métallique (“in time”), les mélodies, construites selon un schéma plus classique, se font chantées et moins scandées (le subtil “mothercreep”).

On retrouve ainsi une FKA bien plus accessible, permettant au néophyte de s’initier à ses codes: ceux de de la femme créative, enfantant d’art et de chair. La persistance salutaire de l’artiste dans un avant-gardisme ciselé reste un plaisir auquel on risque bien de s’habituer.

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L’œuvre visuelle d’une quinzaine de minutes qui illustre les cinq titres révèle un « néo-féminisme » érudit : dans une première partie, par une tentatrice créature des abysses, incarnée par Michèle Lamy, muse ésotérique du styliste Rick Owens puis par Twigs herself, tantôt objet de désirs dérangeants, tantôt leader d’une société nouvelle, au cœur de laquelle le droit absolu à la différence est célébré.

Liberté chérie, toujours, si, si.

“M3LL155X (Melissa)” Tracklist:

  1. figure 8
  2. i’m your doll
  3. in time
  4. glass & patron
  5. mothercreep

 

Le coup de bong: “i’m your doll”