Finn Beales

De l’Irlande au Bangladesh, du Danemark au Mexique, en passant par les terres canadienne et islandaise à l’allure désertique, les paysages mélancoliques de la grande Inde, ou la folle épopée colombienne, partout où Finn Beales pose le pied et surtout l’objectif de son Canon 5d MKIII, il semble se former l’image d’un monde encore inexploré, affranchi du fade couplet de la routine, révélé de l’intérieur, laquelle image, nous oblige alors à nous incliner devant la supériorité du regard de l’artiste sur les choses.

On se retient ici de citer Henri Bergson qui, dans son ouvrage intitulé La pensée et le mouvant de 1934, s’extasia un jour de ce que “L’artiste soit ce révélateur”.Aucun doute que ce photographe gallois de trente-quatre ans en soit un, car il fait partie de ces “hommes dont la fonction est de voir et de nous faire voir ce que nous n’apercevons pas naturellement.”

Finn Beales canada

Laissons l’éclairage bergsonien un instant de côté pour s’arrêter sur la dimension épiphanique de tels clichés, desquels éclate, dans une symphonie de tonalités, de vibrations, de lignes et de formes confondues les unes aux autres, l’authentique altérité.

Depuis sa tranquille petite ville natale, Hay-On-Wye, où il devient reporter pour le Festival éponyme, Fin Beales n’a de cesse de s’étonner de la disparité, celle des éléments naturels, celle aussi, des hommes et de leurs coutumes. C’est que notre artiste est tombé dedans quand il était tout jeune, initié aux voyages infatigables aux côtés d’un père marin à ces heures perdues, il se fait aussi le digne héritier d’un grand-père photographe amateur.

Finn Beales

Une fois la première impression de « carnet de bord documentaire » dépassée, ses clichés paysagers dévoilent un style, qualifié par les admirateurs de « contemplatif ». Cet art de la contemplation, qu’alimentent des compositions soignées et épurées, pouvant difficilement cacher un amour imperturbable de la symétrie, écrit l’histoire d’œuvres contaminées par un certain regard cinématographique.

Tour à tour dramatisée, fragilisée, ou poétisée, la nature, forte de sa quasi-immuabilité, parle ici d’elle-même.

Finn Bealesphotographie  PhotographiePhototoucancanada forêt

 

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