Christiania, bienvenue chez les derniers Hippies !

Image d'avatar de Audrey DeymardAudrey Deymard - Le 17 juin 2015

Christiania
Le drapeau de Christiania, les trois points représente les 3 points des i du nom de Christiania.

« L’objectif de Christiania est de créer une société autogérée dans laquelle chaque individu se sent responsable du bien-être de la communauté entière. »

Fondée au milieu de l’année 1971, sur le terrain de la caserne de Badsmandsstraede (ancien territoire militaire délaissé par le Ministère de la Défense), ils n’étaient au départ qu’un petit groupe de hippies, chômeurs et squatters à bâtir ce projet, ou cette utopie pour certains. À sa tête, le journaliste Jacop Ludvigsen. Il annonce d’ailleurs l’ouverture du Freetown dans son journal en écrivant ceci: « L’objectif de Christiania est de créer une société autogérée dans laquelle chaque individu se sent responsable du bien-être de la communauté entière. Notre société doit être économiquement autonome et nous ne devons jamais dévier de notre conviction que la misère physique et psychologique peut être évitée. »

Mais la crise du logement qui régnait alors à Copenhague a attiré finalement plusieurs centaines de personnes. Cette expérience unique et libertaire devient vite l’objet des médias. Devenue célèbre, elle reste toujours active de nos jours en Europe du Nord.

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Christiania
1971, les prémices d’une ville libre
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L’entrée de la ville dans les 70’s

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La vie et les gens qui peuplent Christiania dans les 70’s (photos d’archives sur politiken.dk)

Pusher street dans les 70’s, connue pour sa vente légale de hash.

Alors quand on passe ses vacances au Danemark, quitte à visiter le parlement, autant aller voir le quartier de Christiania puisque ce n’est pas loin.

Après quelques erreurs d’orientation, nous y voilà enfin !

L’entrée de la ville de nos jours

On se balade, comme il se doit, un dans un monde peace and love et sans prétention: Des maisons en bois modestes, des couleurs et des peintures pop qui jaïssent de partout, beaucoup de « verdure »… On est déjà perché avant même d’avoir fumé.

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Fresque onirique sur un bâtiment de la ville.

On ne peut pas se croire ailleurs. Nous sommes chez les derniers hippies, à Christiania, quartier autogéré de Copenhague, avec son propre espace agricole pour faire vivre sa communauté. Gaule dans un empire. On rencontre de tout dans cette ville libre autoproclamée. De l’habitant blasé ou enfumé (imaginez ce que cela doit être lors de la fête de Christinia où des joints sont distribués gratuitement à qui veut bien fumer et se détendre un peu), à l’artiste en passant par le touriste curieux et aventureux. C’est ce qui fait son charme et qui la rend si attirante finalement. En tout cas, dans l’idée qu’on s’en fait.

Parce que de cette belle idée de liberté et d’auto-gérance, d’où est née Christiania, il n’en reste plus qu’une utopie vieillissante perdant de sa glorieuse. C’est un peu comme se promener à travers un musée à ciel ouvert où l’on retrace histoire et culture des décennies passées, où l’on rencontre les derniers témoins de ce mouvement avant-gardiste des années 70.

Ceci étant, cette ville dans la ville, reste une référence pour beaucoup d’artistes et en matière de culture alternative. L’art joue un rôle très important ici. On peut le voir partout et sous toutes ses formes. Des peintures psychédéliques et des graffitis recouvrent la ville : dans la rue, sur les murs des maisons, sur les voitures, sur de grandes pierres… Il y a aussi des photographies exposées dans les jardins, des sculptures, diverses installations ou des mosaïques. Tout ceci est finalement de l’art urbain, car chacun est libre de peindre ce qu’il lui plait ou il en a envie sans détériorer la place, au contraire. Cependant, c’est aussi une histoire de goût et de vision des choses, certains diront que ce n’est en rien du street art, que ce n’est pas assez beau et que les messages sont trop naïfs ou simples. Mais c’est selon sa définition personnelle.

L’art prend plusieurs formes là-bas. Le street art n’en est qu’une partie. L’architecture de certaines maisons faites à partir de matériel de récupération est considérée aussi comme de l’art, comme la maison banane. On y trouve aussi beaucoup d’artisanat qui sert en majorité comme source de revenu. La ville a même son groupe de jazz local qui donne fréquemment des concerts et des radios libres. Bref, Christiania a ses propres activités culturelles et sportives. Récemment, tout cet art a passé les frontières de la ville libre. À l’Institut culturel danois à Copenhague, une exposition a affiché plus de 300 œuvres d’art urbain et plus (peintures, photographie, art vivant, sculpture, céramique et design) de 28 artistes de Christiania. Bref, outre la méditation, la weed et le yoga, on trouve de l’art à profusion ici. Il fait partie intégrante de cette place. Les deux ne peuvent être dissociés. Christiania sans art serait comme un joint sans herbe…

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La maison banane faite de matériaux de récupération, par Helge (photo crédit, K. Mason)
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Graffiti sur un mur de l’enceinte. (Photo crédit, Ati Matwaly)
Une des maisons de Christiana
Une des maisons de Christiana. (Photo crédit, Joachim Adrian)
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Le cannabis oui, la drogue dure non !

Une fois notre excursion finie, on part un peu chamboulé, un peu émerveillé. Il faut savoir aussi qu’avant 2011, cette ville avait sa propre monnaie, ne payait pas de taxes (bref, n’avait aucun compte à rendre au gouvernent danois) et l’on ne pouvait pas prendre de photos des lieux. Ce n’est plus vrai aujourd’hui, depuis que la ville libre (plus si libre finalement) a été rattachée au Danemark à cause d’enjeux politiques et économiques (les habitants paient maintenant des impôts par exemple). Cependant, courir est toujours interdit, sous peine d’alerter les guetteurs. Et oui, ici on est peace, alors courir serait tout de suite considéré comme un comportement suspicieux.

À la sortie, on peut y voir un panneau avec marqué  « You are now entering the EU ». Comme si on l’avait vraiment quittée…

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Voici d’autres images de la ville issue du site officiel de Christinia.

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Audrey Deymard
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