Ron English, le super-héros des adultes
Célèbre artiste américain né en 1959 à Chicago et fameux utilisateur de la culture jamming, Ron English ne cesse de nous surprendre.
Il s’agit ici de détourner un média de masse, dans un but artistique, mais surtout d’anticonsumériste. La majorité des oeuvres de Ron English sont là pour éveiller, réveiller les consciences.


En se réappropriont des logos, slogans publicitaires, codes d’une marque, c’est aussi une façon de se réapproprier sa propre vision. Les marques sont toutes la journée sur nos écrans, nos rues, nos commerces alors les redessiner, c’est les choisir, une façon de reprendre nos libertés.


Ron English joue avec l’iconographie des multinationales, de la culture populaire ou de l’histoire de l’art comme Mcdonald’s ou encore Mickey Mouse. En 2008, il crée et diffuse l’affiche Abraham Obama, qui mêle les visages de l’ancien président Abraham Lincoln et celui du candidat démocrate Barack Obama. Il dessine aussi en 2014 la pochette de l’album World on Fire du guitariste Slash.



Il est à l’origine de la mouvance Popaganda que l’on pourrait traduire par la « Propagande du Pop ». C’est le fait d’utiliser les codes iconographiques d’enseignes multinationales et la culture populaire pour créer un univers où se mêlent super héros mythologiques et histoire de l’art.

Ron English a d’ailleurs fait l’objet d’un film documentaire réalisé par Pedro Carjaval, Propaganda.
Ron English a grandi dans l’Illinois, où il a travaillé comme dessinateur pour un magazine local. Et c’est à l’âge de quatre ans, après une punition de sa mère qu’il se met à dessiner : « Après cinq minutes à regarder l’heure défiler, j’ai cherché à m’occuper malgré la punition. J’ai découvert des crayons dont je ne m’étais jamais servi et du papier à reproduction que mon père avait rapporté de son travail. Je me suis alors mis à dessiner ».

Petit, il voulait être clown, un métier de rieur qui fait rire les gens. Des clowns qu’il s’amuse aujourd’hui à peindre. Puis il a déménagé au Texas où il a décidé de reprendre ses études. Diplômé des Beaux-Arts de l’Université du Nord Texas, il se forme à l’art de la reproduction et se spécialise dans la peinture à l’huile.

C’est au Texas, dans une ville chargée de panneaux publicitaires que son art prendra vie. Il devient vite totalement illégal et est plusieurs fois menacé d’être emprisonné. Dans les années 80, il quitte le Texas pour New York où il se mêle à d’autres artistes et commence à vendre son travail.

« Pour moi le vocabulaire pop est un langage évident. C’est de l’anglais visuel »,
Ron English

« Je fais partie de ces nouveaux réalistes, avec une touche pop. Mais je fais également partie de la mouvance des pirates médiatiques »
Ron English

« Comment aurais-je pu résister face à la prolifération galopante des panneaux d’affichage ? Comment dire, si nous devons supporter la présence de ces panneaux, ne devrions-nous pas y avoir accès ? »
Ron English

L’anti-commercial est pourtant le créateur d’une multitude de personnages qu’il met en vente sur son site. Ces figurines sont toutes fantasques, cyniques et tape-à-l’oeil. L’artiste a également une chaîne Youtube POPagandaTV! où il documente toutes ses aventures artistiques.
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