Rinko Kawauchi : la vie célébrée

Image d'avatar de Benoît Dupuis-TordjemanBenoît Dupuis-Tordjeman- Le 19 avril 2025

Photographe japonaise de renom, Rinko Kawauchi nous invite à redécouvrir la beauté du quotidien à travers une exposition de son œuvre photographique à la Galerie Echo 119, accessible du 27 mars au 10 mai. Empreint de poésie et de délicatesse, son travail artistique célèbre la vie dans toute sa complexité et son évanescence.

Sur le mur, face à l’entrée, de premières photographies de l’artiste accueillent le visiteur curieux venu se pencher sur les œuvres oniriques et contemplatives de Rinko Kawauchi. Né en 1972 à Shiga, au Japon, l’artiste « saisit avec une vive douceur l’évanescence du quotidien », tel qu’on peut le lire sur le mur d’en face, comme une opposition entre l’image et le texte.  

« Son œuvre, empreinte de poésie et de délicatesse, nous invite à explorer le banal avec le regard émerveillé de celui ou celle qui découvrirait le monde, et à prendre conscience du lien invisible qui existe entre toutes choses et tous êtres », toujours sur ce même mur. Une impression qui se ressent dans le travail de l’artiste, entre nature et moment du quotidien. 

Rendre compte de la vie 

Here and Now, cette première série qui marque l’entrée dans son monde, est construite en écho aux poèmes de Shuntaro Tanikawa. De la faune à la flore, en passant par de grands paysages ouverts et d’autres détails, moins définissables, d’une tortue perdue sur une plage à un couple de coccinelles sur leur feuille, Kawauchi « capture le vivant dans toute sa complexe simplicité ».

Ici, le visiteur remarquera un détail qui ne manquera pas de l’étonner, le questionner. Un détail dont ce même visiteur ne manquera pas de se faire, sans doute, un avis. Loin des mises en scènes classiques, souhaitant faire un rappel aux autres formats de deux autres séries exposées, Rinko Kawauchi fait le choix d’un mélange : celui du carré et du rectangle. Le premier étant le format de l’image, le second celui du cadrage. S’ensuit l’existence de cette bande blanche qui, uniquement par le bas, vient rehausser la beauté de l’image. Un nouveau format, pour le moins rafraîchissant. 

Puis le visiteur, continuant sa visite, passe dans une autre pièce, accueilli par la série suivante, M/E, dont l’une des photographies, une lune de midi – et non de minuit ! – marque l’entrée. En face, une série de paysages, de scènes du quotidien et d’autres éléments, flous, trop zoomés pour les décrire précisément, et pourtant porteurs d’une grande douceur. L’ensemble est marqué par des couleurs – jaune, vert, bleu, rouge, rose ou violet – par-dessus l’image, lui donnant un aspect onirique, presque fantasmé. 

Le titre est tout à la fois un acronyme, celui de « Mother Earth » (Terre Mère), et le mot « me » (moi). Rinko Kawauchi entame cette série après la naissance de son premier enfant. Après cet événement, l’artiste éprouve le « besoin de partir loin » ; elle atterrit en Islande. Le voyage mis à mal par l’arrivée de la Covid et des confinements – qui ne furent pas l’apanage de l’Europe et de la Chine uniquement –, la série est réalisée entre la Terre de Feu et de Glace et Okinawa, petite île japonaise du sud du pays, non loin de Taïwan, en pleine Mer de Chine orientale. 

Hommage et espoir 

Intercalé entre ces deux séries, loin des couleurs pastels des deux premières séries, deux rangées de photographies florales, en noir et blanc, interrogent. Il s’agit de sa dernière série en date, entamée en 2024 et qui ne possède, pour l’instant, ni titre ni ouvrage dédié. Une œuvre qui, pour la première fois, est montrée en Europe. 

L’idée lui vient après l’invasion de l’Ukraine par la Russie. Elle souhaite « offrir une pensée aux victimes des conflits actuels » à travers des photographies de fleurs en noir et blanc. En noir et blanc, vraiment ? Pas uniquement. L’artiste explique que « la couleur évoque la vie, ce qui ne convient pas ; mais le noir et blanc évoque la mort », ce qui ne cadre pas non plus. « J’ai décidé d’ajouter une touche de couleur à l’aquarelle ». Pointes de couleur qui « sous la couche apparemment sans issue de la guerre, [contiennent] la prière d’un apaisement à venir », termine le texte au mur, devant lequel le visiteur ne manquera pas de repasser en finissant sa visite. 

« L’ombre, la lumière, l’eau, le souffle s’infiltrent et jaillissent des moindres recoins de ses photographies, reflétant l’immuable impermanence du vivant. C’est finalement la force de la vie qui est célébrée dans le travail de Rinko Kawauchi : un message d’espoir résolument tourné vers demain ». Ainsi se conclut le texte descriptif et l’exposition de l’artiste, bien qu’elle reste ouverte jusqu’au 10 mai 2025. 

Ressources :

Visitez le site de l’artiste : https://rinkokawauchi.com/en/

L’exposition de Rinko Kawauchi est à retrouver à la Galerie Écho 119, 1 rue des Minimes, 75003 Paris, jusqu’au 10 mai 2025. 

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Benoît Dupuis-Tordjeman
Article écrit par :
Journaliste et photographe, je m'intéresse à l'art mais aussi aux sciences. Amateur de grandes randonnées et d'astronomie, j'aime découvrir le monde et en partager la beauté. J'aime aussi communiquer cet amour du beau et parler d'écologie. https://linktr.ee/benoitdt_photographie

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