9 août 2025, 13h30. L’édifice hébergeant le festival Château Sonic s’est mue soudainement en Studio 54 en l’espace d’un set mêlant disco, funk, soul et jazz. Aux manettes, IMA:R, défricheuse aguerrie de sonorités eighties dont l‘acronyme de « I’m Always Right » s’applique également pour son mantra musical. Cette dernière ne délaisse pas pour autant l’électro, et aime osciller entre les temporalités lorsqu’elle mixe. Beware s’est donc entrenu avec l’artiste à la suite de son set, avec pour transitions l’art du sampling, les requests chelou ou encore son attrait pour Patrice Rushen. Morceaux Choisis.
Beware : Tu te souviens de ton premier contact avec la musique ?
IMA:R « Mes parents ont des vidéos de moi qui danse dès l’âge de 1 ans sur « What A Fool Believes » du groupe américain The Doobie Brothers. C’est inexplicable mais j’adorais déjà ça ».
B : Quand est-ce que le disco / funk a débarqué dans ta vie ?
I : « Vu que mon oncle était à fond là-dedans, on en a bouffé du disco, de la funk et du jazz aux repas de famille. Plus sérieusement, ce que j’aime avec ce genre musical c’est son intemporalité. Les accords, les arrangements, la mélodie ; cela semble à la fois hyper complexe tout en étant résolument groovy. Je défriche beaucoup de titres parus de 1979 à 1983, une période riche en pépites ».
B : Ce également le genre musical le plus samplé…
I : « Effectivement, je pense que c’est d’ailleurs pour ça que j’aime autant le hip-hop old school dont les productions résultent de l’échantillonnage disco / funk des années 80. À force d’en écouter, j’arrive souvent à reconnaitre le morceau original au bout de deux secondes de sample, pas besoin de Shazam ! Parfois, il arrive que la boucle soit plus audacieuse, comme c’est le cas sur « I’m Alone Until You Show Me » du DJ Paul Johnson ; il a uniquement prélevé la voix de George Benson via « Turn Your Love Around ». Quand j’ai repéré ça, j’étais stupéfaite ».
B : À quel moment tu as décidé de devenir DJ ?
I : « Mon père écoutait énormément de musique électronique dont le DJ français St Germain. Lorsque j’avais 14 ans il m’a dit « il faut que absolument que je te montre le mix d’un mec de Montréal ». Le mec en question, c’était Kaytranada et son mix, celui de la Boiler Room de Montreal. À l’époque, je passais beaucoup de temps sur la chaine YouTube Majestic Casual, qui a permis de mettre en avant une flopée d’artistes électroniques dont Kaytranada. Le voir exécuter les sons que j’adorais en live, ça m’a immédiatement donné envie de faire pareil. Quelques années plus tard, je me suis procuré le matos nécessaire pour bidouiller, à savoir un contrôleur DDJ-SB3. Après environ un an d’apprentissage, je me suis lancée.
B : Quel est ton processus créatif lorsque tu peaufine tes sets ?
I : « En toutes circonstances, j’ai toujours les cinq premières tracks de prédéfinies. Je ne suis pas du genre à débarquer avec ma clé USB en mode freestyle. Je vois mes sets comme quelque chose de ludique ; le public va découvrir les sons que j’ai diggué. Il arrive que les gens me proposent des requests lunaires ; j’étais en train de mixer uniquement de la minimal au Terminal de Lyon quand un gars est venu me voir pour me dire « tu peux passer de l’up tempo stp ?? ». J’étais là euh mec, non. Tu me demandes de passer de 130 à 250 bpm d’un coup ça n’a aucun sens ! ».
B : J’imagine que tu as des artistes phares à nous citer ?
I : « C’est toujours une question périlleuse vu la versatilité des eighties mais si je devais retenir quatre pointures je dirais Patrice Rushen, Stevie Wonder, Roy Ayers et George Benson. On retient souvent uniquement leurs tubes tels que « Forget Me Nots », « Part-Time Lover », « Everybody Love The Sunshine » et « Give Me The Night » alors que leur discographie est tellement fournie ».
B : Avant de conclure cette interview, trois questions en lien avec ton univers ; quel est le premier vinyle que tu as acheté ? Quelle piste tu enverrais aux aliens ? Quelle est la track parfaite pour ouvrir ton set ?
I : « En guise de première acquisition, « En Trance » du groupe jazz-funk Atmosfear. Un disque très porté sur l’instrumental, ultra intemporel. « PWT » de Michael Jackson serait parfait pour faire groover les extra-terrestres et enfin, afin de débuter mon set, je mise sur « Playground » des anglais Schmoov! ».
B. C’est quoi la suite pour toi ?
I. « Continuer mes sets tout en bossant en parallèle sur un premier disque pour l’année prochaine. Dans ce milieu, il est important de se démarquer et c’est ce que je compte faire avec la conception de ce projet ».
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