Henri Buffetaut portrait

Henri Buffetaut ou les chroniques d’une chasse à l’orage

Image d'avatar de Benoît Dupuis-TordjemanBenoît Dupuis-Tordjeman- Le 22 décembre 2025

Photographe de mode, Henri Buffetaut découvre la photographie grâce aux orages qu’il suit et observe, avec des amis, pendant près de 20 ans. Le 20 octobre sortira son livre, Éclats de tempête – Chronique d’une saison orageuse, véritable carnet de voyage d’une chasse à la tempête.

L’histoire de ce livre, Éclats de tempête – Chronique d’une saison orageuse, commence très tôt. Le 23 août 1989 très précisément. Henri Buffetaut n’a alors que deux ans et demi lorsqu’éclate un violent orage. Malgré son jeune âge, il en garde un souvenir vivace. Ceux des sensations éprouvées, le souvenir de cette nuit qui tombe au milieu de la journée. 

« Grâce aux archives météo qui sont disponibles sur météociel, j’ai même pu reconstituer et retrouver la date exacte. C’est sans doute un de mes premiers souvenirs d’enfance »,  explique le photographe.  « Mes parents racontent toujours qu’à chaque fois qu’il y a un orage un peu fort, j’étais terrorisé, caché sous le lit, quelque chose dans cet esprit ». 

Puis, en 2004, alors qu’il n’a que 16 ans, il commença à photographier les orages lors d’un épisode qui avait duré toute une nuit. Il crée ensuite un forum météo et  rencontre d’autres passionnés. C’est à partir de 2006-2007, alors tout juste majeur, qu’il commence à sillonner la France à la recherche d’orages avec des amis. « C’est avant tout une expérience entre amis », insiste-t-il. S’ensuivra une chasse éclatée sur 20 ans à la recherche d’orages avec ses amis. 

Cumulonimbus à l’horizon ! 

La compréhension des éléments permet, avec le temps, d’outrepasser la peur que les orages déclenchés pendant l’enfance. La difficulté pour Henri Buffetaut repose maintenant sur sa capacité à les trouver. Et afin de provoquer cette rencontre, pas question de se baser sur la météo grand public : l’artiste fait ses propres prévisions ! 

« Les cartes, très précises, permettent un premier repérage. Sur une semaine, on va plutôt avoir une tendance :  on va voir qu’il y a une situation potentiellement rageuse à l’échelle du pays. » La prévision s’affine avec les jours qui passent et le temps qui suit son cours. Il faut cependant attendre le matin même pour une prévision précise à l’échelle d’un département. 

Reste ensuite à trouver le terrain qui convient ; un joli paysage, pour en tirer des photos avec un impact. Ce qu’il faut, c’est une « bonne adéquation entre l’observation et le placement. Parce que la prévision reste une supposition : on part, on suppose qu’on aura quelque chose. Et on est toujours surpris ». Il faut aussi la bonne lumière. « C’est des lumières rares puissantes, des contrastes incroyables », s’exclame Henri Buffetaut. « Et enfin, il y a aussi la nature même de l’orage :  ça peut être un orage simple, une supercellule, un orage violent, pas violent, parfois ça ne prend pas », les possibilités sont nombreuses. 

Côté technique, et pour être sûr de ne rien manquer, l’artiste dispose d’une petite cellule de déclenchement sur son appareil photo. Sensible à certains rayonnements émis par l’éclair, et se déclenche automatiquement lors de l’orage. Succès (un peu plus) garanti. La nuit, Henri Buffetaut parie plutôt sur la pose longue pour capter l’éclair et pallier la faible luminosité ambiante. 

Violence contemplative 

Violence de la nature à l’état pur, l’orage effraie. Et pas seulement l’artiste pendant son enfance : l’astraphobie (peur incontrôlable du tonnerre, des éclairs, et plus largement, des phénomènes orageux) concernerait d’ailleurs près de 10% de la population. Si cette agressivité de la nature est présente sur les clichés d’Henri Buffetaut, il en sort une forme de beauté calme, presque contemplative. 

« C’est une démarche spirituelle – pas au sens religieux du terme », précise l’artiste. Certains sont attirés par les sensations fortes et vont au cœur de l’orage. Une autre école, celle de l’artiste, c’est de viser l’émerveillement. Devant la nature, sa beauté ou sa violence. 

« Je vais plus saisir ce qu’on appelle des séquences orageuses, être sur un point de vue plutôt au soleil, regarder la menace monter, s’épanouir, et une fois qu’on en a bien profité, on précède l’orage pour être toujours devant, jusqu’au moment où la chasse doit se terminer, on se laisse engloutir », raconte Henri Buffetaut. 

L’idée de cette démarche ? Passer quelque temps, douze heures, vingt-quatre, ou plusieurs jours, à mettre sa vie, cette vie foisonnante entre travail et amis, la mettre entre parenthèses, partir le nez au vent à l’aventure, s’émerveiller devant la nature. Réapprendre à respirer. À admirer le ciel. Quitter nos écrans d’ordinateur et de téléphone, se poser dans un champ et regarder la course des nuages. 

C’est cette démarche qui amène l’artiste à se lancer à plein temps dans la photographie, après des études d’architecture et un passage en Italie. 

Henri Buffetaut – Éclats de tempête, Chronique d’une saison orageuse. 45,00 €
Beau-livre photos et texte, 260 pages – Format carré. Les ouvrages numérotés de 1 à 100 peuvent être dédicacés par l’auteur pour les 100 premiers acheteurs

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Benoît Dupuis-Tordjeman
Article écrit par :
Journaliste et photographe, je m'intéresse à l'art mais aussi aux sciences. Amateur de grandes randonnées et d'astronomie, j'aime découvrir le monde et en partager la beauté. J'aime aussi communiquer cet amour du beau et parler d'écologie. https://linktr.ee/benoitdt_photographie

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