Il utilise comme support les lieux et les architectures des espaces sur lesquels il intervient, ce qui lui permet de recomposer une forme à partir d’un point de vue unique. Felice Varini n’est autre que le roi de la perspective.

Né en 1952 en Suisse, Felice Varini vit et travaille actuellement à Paris. Il commence à élaborer ses œuvres dès la fin des années 1970. Pas de toile pour lui mais l’espace qui l’entoure. Son sujet de prédilection ? La construction de points de vue.
Défier l’urbanisme
Partant au départ d’une composition faite sur photographie, Felice Varini projette ses grands dessins bidimensionnels sur les reliefs du lieu ou du bâtiment choisi, exploitant les principes de l’anamorphose dans des dimensions monumentales et défiant la monumentalité des villes et de l’urbanisme. Il inscrit ses formes géométriques éclatées dans toute la profondeur de l’endroit grâce à un simple rétroprojecteur. Ensuite, les dessins marqués au crayon, sont peints à l’acrylique.


Le résultat apparaît au spectateur à l’endroit précis de la projection initiale, proposant un point de vue secret sur le bâtiment, son dessin et ses particularités. Il est alors happé par la profondeur de la création. Ailleurs, il ne voit qu’un désordre de lignes et de courbes à l’aspect chaotique et fragmenté.
« Aller au-delà du cadre »
C’est par ces termes que Felice Varini explique sa démarche artistique. Il aime jouer avec l’horizon, que ce soit en intérieur ou en extérieur. Et toujours pour y apposer des œuvres hautes en couleurs !
« En général, je parcours le lieu en relevant son architecture, ses matériaux, son histoire et sa fonction. A partir de ces différentes données spatiales et en référence à la dernière pièce que j’ai réalisée, je définis un point de vue autour duquel mon intervention prend forme », explique l’artiste.

« Je pars d’une situation réelle pour construire ma peinture. Cette réalité n’est jamais altérée, modifiée ou effacée, elle m’intéresse et elle m’attire dans toute sa complexité. Ma pratique est de travailler ici et maintenant. » Un peintre ancré dans son temps et dans son endroit.


Inspiré de l’anamorphose, oui… mais non
Si le travail de Varini regroupe toutes les caractéristiques de l’anamorphose, celui-ci se défend pourtant de l’utiliser. Contrairement au processus de composition et de réalisation de l’œuvre qui à recours à l’utilisation de la perspective, lui préfère procéder à une inversion totale. Alors que le système de départ concentre les lignes de fuite en un seul point d’un plan pour y creuser une profondeur fictive, le travail de Felice Varini rétablit la projection de la pyramide perspectiviste en trois dimensions et la développe dans l’espace même du spectateur. Le point de fuite devient alors point de vue.


Varini estime aussi que son travail garde toute son indépendance vis-à-vis des architectures sur lequel il est déposé.


Les créations de Felice Varini sont visibles sur son instagram.



