Du 9 au 12 octobre 2025, le Salon de la Photo réunit talents émergents et artistes reconnus de la profession : hommage à Salgado, avant-première du Chant des Forêts avec Vincent Munier, ou encore dialogues avec les créateurs qui réinventent l’image. Une édition vibrante, entre héritage et création nouvelle.

© ARTHUR CHAMBRE
Depuis plus de deux décennies, le Salon de la Photo s’impose comme le rendez-vous incontournable des passionnés comme des professionnels. Cette année encore, le public pourra y découvrir les dernières innovations technologiques – des boîtiers haut de gamme aux accessoires indispensables –, mais aussi plonger dans une programmation artistique riche : expositions immersives, rencontres avec des photographes de renom, et conférences pour décrypter les évolutions d’un art en perpétuel mouvement.
Entre les allées des géants de l’image – Sony, Nikon, Canon –, où se pressent amateurs et professionnels, le Salon mise sur l’exigence artistique. On y croisera des figures majeures comme Patrick Zachmann (Magnum), dont les reportages ont documenté un demi-siècle d’Histoire, ou Matthieu Ricard, moine bouddhiste et photographe, qui capture l’éphémère avec le regard d’un contemplatif. Une programmation qui rappelle que la photographie est autant un métier qu’une philosophie.

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Un événement qui voyage
Le Salon de la Photo 2025 est une invitation au voyage – géographique, historique, et humain. D’abord vers l’Italie, à travers la collection Contrasto, qui déploie un siècle et demi de clichés, des premières vues de Rome en 1860 aux œuvres contemporaines de Ferdinando Scianna ou Paolo Pellegrin. Puis vers les zones de conflit, avec le Prix Bayeux des correspondants de guerre, où les reportages primés rappellent le rôle crucial de la photographie comme témoignage. Enfin, en Europe, avec Circulation(s), festival dédié aux talents émergents, qui offre un panorama des regards neufs sur le continent. Sans oublier les lauréats des Sony World Photography Awards, venus du monde entier.
Plus qu’un trajet en Italie, Contrasto propose un véritable voyage dans le temps, à la découverte de l’Histoire de la Botte et à travers le regard de grands photographes étrangers comme William Klein, Irene Kung, Herb Ritts, James Nachtwey, Elliott Erwitt ou encore Martin Parr. La majorité des images datent d’après 1950, mais la collection plonge aussi dans le passé, avec des clichés rares des années 1860-1870. Ce voyage commence à Rome et s’égrène dans les plus célèbres villes italiennes et les paysages qui les entourent, de Naples à Venise en passant par Milan.
« Circulation(s) s’est imposé comme le premier festival français dédié aux talents photographiques émergents européens depuis sa création en 2011 par le collectif Fetart. Cette année, ce festival engagé et pluriel s’inscrit dans la programmation de l’événement en offrant aux visiteurs un panorama d’expériences visuelles innovantes avec la présentation de 23 photographes de 14 nationalités différentes ». On y retrouve Artem Humilevskyi, photographe ukrainien explorant l’identité, la résilience et l’empathie ; Tomasz Kawecki, polonais s’inspirant des phénomènes naturels ou encore Isabella Madrid, photographe aux nationalités multiples (Colombie, France et Suisse), qui explore son identité contemporaine.
Mais le voyage ne s’arrête pas aux frontières géographiques et le salon explore aussi les territoires de l’intime et du militant. Dans cette édition, les Femmes photographes, qui ne représentent qu’un quart des photographes représentés par les grandes agences internationales, seront mises à l’honneur avec le festival Les Femmes s’exposent. Ayant pour mission de mettre en lumière la richesse des regards féminins, les œuvres d’Isabeau de Rouffignac et de Yama Ndiaye seront exposées.

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De photographies en images animées !
Loin de se contenter « d’images fixes », le Salon propose aussi des « images en mouvement » à travers l’avant-première du film Le Chant des Forêts de Vincent Meunier. Photographe animalier de renommée mondiale, artiste patient et contemplatif, Vincent Munier est célèbre pour ses clichés saisissants de faune sauvage, où la lumière et le silence révèlent la beauté fragile des écosystèmes. Vincent Munier invite le spectateur à voir le monde autrement, là où la nature se dévoile comme une œuvre d’art.
Pour son dernier film, La Panthère des Neiges, co-réalisé avec Sylvain Tesson — écrivain-voyageur et compagnon d’aventure —, il retraçait leur quête épique à la recherche de la panthère des neiges au cœur des montagnes tibétaines. Une odyssée visuelle et poétique, où la photographie se fait récit, entre patience, émerveillement et respect du vivant. Ses précédents films l’avaient envoyé à la recherche des ours de la cordillère Cantabrique, du Tanganyika, le plus grand crocodile du Nil et de loups au pelage roux sur les hauts plateaux éthiopiens et les toits d’Abyssinie.

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Une scène photographique en pleine mutation
Le Salon de la photo 2025 fait aussi le choix de mettre en avant des créateurs de contenu au parcours varié, entre mode, paysage, astrophotographie et nature morte. Parmi eux, des profils aussi éclectiques qu’inspirants : Clara Vincent, dont les compositions oniriques entre art et photographie redéfinissent les codes de la mode ; Édouard Salmon, maître de l’astrophotographie, qui capture l’infini du cosmos depuis nos campagnes ; ou encore Lina Khezzar, dont les portraits intimes et colorés célèbrent la diversité et la résilience. Ces créateurs, souvent autodidactes et ultraconnectés, incarnent une nouvelle ère où les réseaux sociaux deviennent des galeries à ciel ouvert et où la frontière entre amateur passionné et professionnel s’estompe.
Leur présence au Salon de la Photo 2025 n’est pas anodine : elle reflète une volonté de démocratiser l’art photographique, en donnant la parole à ceux qui, hors des circuits traditionnels, renouvellent les pratiques et les publics. Entre tutoriels YouTube, collaborations avec des marques, ou projets personnels engagés, ces créateurs prouvent que la photographie contemporaine se joue autant derrière l’objectif que dans l’art de raconter des histoires. Une preuve que l’image, aujourd’hui, ne se contente plus d’être regardée — elle se vit, se partage, et s’invente sans cesse.

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Alors, pourquoi venir ?
Pour voir l’Italie à travers les yeux de Contrasto, pour frissonner devant les clichés des correspondants de guerre, ou pour découvrir comment Vincent Munier transforme un lac gelé en scène de théâtre sauvage. Pour rencontrer ceux qui font la photographie de demain Le Salon de la Photo 2025 est bien plus qu’une exposition : c’est un miroir tendu à notre époque, où l’image, qu’elle soit fixe ou animée, reste le langage universel des émotions.
Le Salon de la Photo est à visiter à Paris du 9 au 12 octobre 2025 à la Grande Halle de la Villette.



