« Nos liens familiaux sont très forts », confie Simon, de manière presque méditative. « Chez moi, personne ne faisait de musique, mais on m’a toujours encouragé à essayer, à oser, à suivre cette curiosité qui ne s’éteint jamais. » Le nom de Pamela, celui de la grand-mère de Sam, dépasse l’hommage intime : il tisse un fil entre deux enfances, deux mémoires, deux sensibilités qui se rencontrent pour ne plus se quitter. « Ce nom nous relie à ce que nous avons été, à ce que nous sommes encore », poursuit-il. Sam acquiesce. Pour lui, Pamela, c’est avant tout une manière de lâcher prise, de se reconnecter à l’essentiel. « C’est revenir à ce qu’on écoutait en cachette, à ce qu’on n’osait pas toujours être. C’est s’autoriser à vivre pleinement, avec nos défauts, nos élans, nos contradictions. »
Leur studio à Nantes est devenu le prolongement naturel de cette philosophie : un espace vivant, traversé de câbles, de guitares, de claviers et de lumière. Simon y travaille depuis plus de quinze ans, dans un désordre savamment orchestré où chaque machine semble prête à s’éveiller au moindre frisson. « Tout est branché, tout est prêt », sourit-il. « Je m’installe souvent au piano ou à la guitare, je lance une base, et Sam écrit dans un coin du studio. » Ainsi naissent leurs chansons : dans le tumulte d’une conversation, dans une vibration partagée, dans un mot qui s’accroche à un son. En quelques heures, une mélodie prend vie, brute et sincère, avant d’être polie avec patience, sans jamais étouffer le feu qui l’a fait naître. « L’énergie doit rester brute », rappelle Sam. « On garde la première émotion, la première prise, celle qui tremble encore, mais on affine les mots pour que tout tienne debout. »
Chez Pamela, les textes respirent autant qu’ils cognent. Ils parlent d’indignation et de résistance, mais toujours avec la lumière au bord du cœur. « J’écris sur nos contradictions », explique Sam. « La fête et la fatigue, la joie et la colère, la beauté et la laideur du monde. Résister, pour nous, c’est continuer à ressentir. C’est danser quand ça fait mal, pour se faire du bien. » Simon ajoute : « Être indigné, c’est dire non, même si la voix tremble. On vit dans un monde qui sature les émotions, qui les consomme comme des produits. Alors nous, on choisit la sensibilité, la fragilité, l’ensemble. »
Cette recherche d’équilibre se retrouve aussi dans leur son, entre la rigueur française et la liberté britannique. « On ne force rien », glisse Simon. « Sam apporte sa culture anglaise, moi mes racines françaises. On s’est nourris de Gorillaz, Radiohead, les Beatles, mais aussi de la chanson d’ici. » Un mélange organique, fluide, presque évident. Leur musique, comme leur amitié, ne connaît pas de frontière. Elle vit à la croisée des langues, des influences, des émotions, toujours en mouvement.
Leur dernier titre, This Is A Song, parle d’amour , ce mot usé et pourtant inépuisable. « L’amour, tout le monde croit savoir ce que c’est, mais personne ne sait vraiment l’expliquer », souligne Sam. Le morceau est une traversée, une façon de dire qu’aimer, c’est aussi accepter le chaos, la maladresse, la beauté imparfaite du réel. Et quand on évoque les frites, récurrentes dans leur univers visuel, Simon nous confie : « C’est Guillaume Ménard, notre complice visuel, qui a créé ce monde un peu absurde. Il aime les stations-service, les décors en carton, les choses simples. Et puis, il faut l’avouer : on aime bien manger. »
Le 6 novembre, Pamela fera vibrer le Trianon. Un concert comme un grand rassemblement d’âmes, un moment suspendu entre le vacarme et le silence. « Ce sera une fête », promet Simon. « On va inviter des amis, mêler nos voix, partager la scène. Ce sera une respiration collective, un instant pour se souvenir pourquoi on fait tout ça. »
Pamela, c’est une invitation à danser pour ne pas plier.
À chanter pour ne pas se taire.
À vivre, simplement, ensemble.
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