Nozinja Lodge, chronique d'une potion mystérieuse et magique 1

Nozinja Lodge, chronique d’une potion mystérieuse et magique

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Difficile de trouver une catégorie où mettre Nozinja et son nouvel album Lodge tant il ne ressemble à rien d’autre. A notre époque, difficile de parler de world music, et world music 2.0 serait presque une oxymore. A l’instar de Omar Souleyman, on peut facilement penser à une récupération facile des labels en vogue, arrangeant les beats pour nos fines et tendres oreilles, armés d’une direction artistique sous acides pour créer une illusion parfaite. Finalement, on tiendrait peut être là, la bonne définition.

Petit retour en arrière sur la carrière de Nozinja, aka Richard Mthetwa, car s’il bénéficie d’une couverture médiatique acérée, l’homme maitrise les potards depuis belle lurette.

Tout commence avec Shangaan Electro, style musical et mouvement de danse issu des traditions locales folkloriques mais version 21ème siècle : claviers MIDI, flutes synthétiques, textes romantiques avec un BPM qui plafonne; permettant aux danseurs de revêtir le costume typique : grandes robes flottantes pour les femmes, masque de clown, perruques fluos et combinaisons oranges pour les hommes. Si si. Pas de sourire moqueur à avoir, tant le résultat est captivant.

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C’est là qu’intervient puisqu’il est le moteur du mouvement : organisateur de dance-contest, producteurs, collaborations, rien n’est fait à moitié. En 2010, on commence à entendre parler de sa compilation Shangaan Electro : New Wave Dance from South Africa dans certains médias, Pitchfork lui attribue un honorable 8.3. On vous met un petit aperçu des clips dans les bonus en bas, ca vaut le détour. En 2011, ils investissent la scène de Glastonbury pour leur première performance en Europe. 2012, c’est un album de remixes complètement hallucinant qui voit le jour : Shangaan Shake. On y retrouve des artistes tels que DJ Rashad & DJ Spinn, Actress, Hype Williams, Theo Parrish, et même la vieille canaille Ricardo Villalobos. Une belle brochette d’artistes hyper talentueux au service de l’afrofuturisme. Ensuite, il est devenu pote avec Dan Snaith (Caribou quoi) pour l’aider des prods, rien que ça. Un peu dans l’ombre jusqu’à présent, mais une légitimité déjà bien prouvée.

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2015, c’est sous le label Warp que Nozinja sort Nozinja Lodge. On connaissait déjà 3 titres dont le magnifique titre et clip Tsekeleke. On savait un peu à quoi s’attendre, dans la lignée de ce que nous avions déjà entendu, des sons bizarres mais cool, très typés et le BPM qui plafonne. On sent bien l’évolution et le parcours qu’à fait Nozinja, tout sonne plus propre, presqu’un peu lisse parfois. Cependant, les morceaux restent bien composés, tout s’entrelace méticuleusement pour donner en quasi permanence l’envie de bouger sur sa chaise de bureau et crier son amour à la vie, vos amis, banquier, agent immobilier et même videurs de boîte de nuit. Chaque morceau démarre très rapidement avec une palette de synthés super larges auxquels viennent répondre un ensemble des chants et choeur traditionnel.

Cet album est un potion magique aux ingrédients mystères. Si à première vu le mélange peut sembler un peu kitsch, il se laisser le plaisir de se laisser aller au fil des morceaux. Découvrir une ambiance assez peu commune. Difficile de comparer l’album à d’autres artistes, de se positionner sur un « c’est un bon album de Shangaan », mais qu’importe, on aime. Et si la world music 2.0 ca doit être ça, tant mieux.

BONUS :

  1. Tshetsha Boys, combinaison orange et danse de foufou
  2. Zinja Hlungwani – Nwa Gezani My Love, déjà dans la tendance hipsto-internet
  3. Surement le meilleur morceau de la compil’ de remix Shangaan Shake, celui de Hype Williams, incroyable :
  4. Ensuite, vous pouvez faire un petit tour chez Ata Kak, Awesome Tapes from Africa ou même chez les copains Mawimbi.

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