10 juillet 2025. Le souffle premier des Francofolies.
Alors que frappe un soleil de plomb sur le parvis de la gare de La Rochelle, me voilà enfin arrivée à destination pour participer à la nouvelle édition d’un des festivals les plus en vue de la chanson française : Les Francofolies.
Déjà, le nom claque. Créer en 1985 par Jean-Louis Foulquier en 1985, le festival s’apprête à célébrer ses quarante ans … en grande pompes.
Pour cet événement, je suis accompagnée par Sandrine Mulas, éminente photographe qui appuie sur le déclencheur plus vite que son ombre (je ne dis pas cela seulement pour alimenter sa légende…). Le temps étant compté, nous nous dirigeons vers la scène principale : au regret de ne pas posséder le don d’ubiquité, nous décidons d’un commun accord de couvrir les concerts qui se tiendront ce soir-là sur la scène principale, autrement appelée Scène Jean-Louis Foulquier, qui se trouve en face de la mer… paysage idyllique pour concerts de choix.
Nous décidons d’arpenter les alentours et découvrons que d’autres concerts ont lieu dans la Coursive du théâtre Verdière, ainsi que sur la scène de la Sirène .. en bref un festival qui couvre tous les lieux emblématiques de la ville.
Lorsque nous arrivons, Kyo vient tout juste de terminer son concert et à en croire les applaudissements tonitruants, nul doute que le groupe a réussi à offrir un public un moment d’anthologie.

Alors que Véronique Sanson s’apprête à monter sur scène, une tension palpable se fait ressentir. La pluralité générationnelle de celles et ceux qui l’attendent est frappante : que ce soient les admirateurs de longues années, ou bien les jeunes curieux venus pour la soirée, tous semblent omnibulés par l’entrée de la chanteuse qui ouvre le show de façon magistrale en arrivant telle une rock star, guitare en main et tenue de scène tout aussi rock’n’roll, entourée de ses musiciens virtuoses.
Artiste majeure de la scène francophone, elle semble ici être au sommet de son art. Sur scène, elle ne se contente pas de chanter, elle vit intensément chaque mot, chaque note, comme si elle les découvrait pour la première fois. Son interprétation est un acte de renaissance : elle réinvente ses chansons, leur insuffle une émotion nouvelle, les transforme en instants suspendus qu’elle partage avec une générosité désarmante. Sa présence scénique, toujours aussi lumineuse, irradie bien au-delà de la scène, enveloppant le public d’une énergie vive et contagieuse. On ne vient pas seulement écouter Véronique Sanson : on vient la ressentir, vibrer avec elle, traverser les souvenirs et les vertiges qu’elle sait si bien évoquer. À chaque apparition, elle confirme ce qui ne fait plus de doute : son art, profondément sincère et incarné, est de ceux qui traversent le temps sans jamais perdre leur éclat.
Nous avons à peine le temps de nous remettre de nos émotions, que Jean-Louis Aubert ranime la grande scène de son aura et de notes de guitares acerbes. Depuis la création du festival en 1985, il est revenu à La Rochelle à de nombreuses reprises, tissant au fil des années un lien fort avec ce rendez-vous estival devenu incontournable. Sa présence régulière témoigne d’un attachement réciproque : le festival ne serait pas tout à fait le même sans lui, et lui semble y retrouver, à chaque passage, une part de ce souffle qui anime son parcours depuis ses débuts. Car Jean-Louis Aubert n’est pas seulement un habitué : il est une figure tutélaire du rock français, une voix singulière qui a su traverser les décennies sans jamais se trahir. Dès les premières heures de Téléphone, il a imposé un style, une intensité, une urgence qui ne l’ont jamais quitté. Artiste habité, généreux, dont l’énergie scénique ne cesse d’étonner, il conjugue avec élégance puissance mélodique et sincérité des mots. Ses chansons, souvent empreintes d’une humanité profonde, résonnent comme des confidences universelles, touchant au cœur sans jamais verser dans le pathos. À la fois poète et bête de scène, Jean-Louis Aubert s’impose comme l’un des grands noms de la musique française, de ceux qui la nourrissent, la transforment.

Qu’aurait été une première clôture sans l’arrivée magistrale de Santa en tyrolienne ? Cette première soirée aurait certainement manqué de sa superbe. S’élançant du haut d’une des tours qui forgent le charme de la ville, l’artiste a choisi d’arriver sur la scène par la voie des airs, adoubant ainsi son coté céleste que tant de médias lui ont si souvent conféré dès ses débuts.
La surprise avait des airs de réminiscence, comme un écho délicatement orchestré à un souvenir fondateur : celui de Bernard Giraudeau surgissant, il y a tout juste quarante ans, en rappel inattendu depuis la tour de la Chaîne, lors de la toute première édition des Francofolies. Un clin d’œil au passé, chargé de mémoire et d’émotion.
Mais ce n’était là qu’un prélude, une entrée en matière destinée à éveiller les sens. Car très vite, l’artiste a emporté le public vers d’autres hauteurs, au sens propre comme au figuré : installée à son piano, elle s’est élevée dans les airs, survolant la scène à plusieurs mètres du sol, suspendue entre ciel et musique. Comme l’an passé, elle n’a pas résisté à l’appel du public : descendue dans la foule avec la fougue qui la caractérise, elle a escaladé les gradins, emportant avec elle une vague d’enthousiasme contagieux. Sa prestation, audacieuse et généreuse, s’est gravée d’ores et déjà dans la mémoire du festival, s’imposant comme l’un des temps forts de cette 41e édition, à la croisée de la performance et de l’embrasement collectif.
Somme toute, ce quatrième anniversaire s’annonce sous de merveilleux auspices, et qui plus est, sous un ciel étoilé…

11 juillet 2025. Le firmament en habits de feu
Rendez-vous au théâtre de la Verrière pour une traversée transatlantique où deux artistes venus tout droit du Québec ( Vanille et SuperPlage) croisent le chemin de leurs homologues français (Caroline Rio et James Baker) prêts à enflammer la scène de La Coursive. Ce programme innovant, fruit d’une collaboration entre l’École nationale de la chanson (Canada), les Francos de Montréal et les Francofolies de La Rochelle, bénéficie du soutien de la Fondation Musicaction et du gouvernement du Canada.
Superplage, longtemps reconnu comme le porte-voix espiègle d’une « électro-pop franco-sexy », étiquette qu’il avait lui-même lancée avec malice, explore aujourd’hui des territoires plus vastes, qu’il qualifie avec justesse de house pop expérimentale. Sa musique, matière vivante et libérée des carcans, naît d’une pulsation festive qui refuse le cynisme et la superficialité. Chez lui, le corps s’abandonne à la danse sans que l’âme ne se perde. On y ressent une lumière douce, une ivresse lucide, un appel vibrant à demeurer pleinement présent, ensemble, au cœur du rythme.
À ses côtés, Vanille (alias Rachel Leblanc) enchante par ses sonorités fraîches et délicates. Son rock est une évocation vibrante d’un passé où le souffle léger du yéyé se mêlait aux rêves kaléidoscopiques du psychédélisme des années 60. Une musique qui s’élève comme un soupir doux-amer, où chaque mélodie vocale coule avec la grâce d’un ruisseau ancien. Son chant, à la croisée de la variété française, enveloppe les cœurs d’une tendre nostalgie, réveillant le goût des heures suspendues — ces instants précieux où la beauté flottait librement dans l’éther du temps.
Nul doute que ces talents venus du Canada sauront conquérir le public venu nombreux, qui en profitera aussi pour soutenir James Baker. Autodidacte, il construit patiemment un univers singulier, où se mêlent avec harmonie les teintes rêveuses de l’indie pop, la fougue du rock alternatif, les pulsations électro et les rythmes incisifs du rap. Quant à Coline Rio, elle s’affranchit des oripeaux collectifs pour se révéler dans une lumière plus intime et poétique à travers son projet solo. Élégante et généreuse, elle s’ouvre au public avec une sincérité dénudée et une délicatesse troublante, offrant ses chansons comme autant de confidences murmurées, un dialogue profond sur les thèmes qui l’animent et la bouleversent.

Sur la scène, c’est ensuite le retour vers l’esprit de Jean-Louis Foulquier, des étoiles plein les yeux, avec l’entrée en scène de Philippe Katherine, qui ouvre brillamment cette seconde journée de festival. Fidèle à son image, l’artiste livre un spectacle maîtrisé, mêlant folie douce et couleurs vives. Entouré de ses musiciens, il offre au public l’un des concerts les plus revigorants de cette édition, ponctué d’une belle surprise : deux jeunes femmes, venues le voir déguisées en… bananes, sont invitées à le rejoindre sur scène, clin d’œil déjanté à l’un de ses premiers tubes, La Banane. Complètement fou, dites-vous ?
Une fois passée cette tempête d’extravagances orchestrée avec brio, les hypnotiques Jean-Benoît Dunckel et Nicolas Godin, duo fondateur d’Air, investissent la scène vêtus de blanc, telle une apparition immaculée, une image rétro et divine. Il faut se souvenir que, voilà vingt-sept ans, ils inscrivaient une page majeure de la musique contemporaine avec la parution de Moon Safari. Plus récemment, leur interprétation envoûtante de Playground Love lors de la cérémonie de clôture des Jeux olympiques de Paris 2024 a réaffirmé leur place singulière dans le panthéon artistique. Déjà, des figures emblématiques de la French Touch avaient marqué les Francofolies : Daft Punk en 2010, Phoenix en 2024. Il était grand temps que le groupe Air, maître d’un univers à la fois aérien et intime, vienne déposer sa signature délicate et intemporelle au cœur du festival.

Enfin, Clara Luciani prend possession de la scène, fidèle à sa volonté de revenir à la simplicité pour cette tournée des festivals. La chanteuse se livre sans artifices, laissant sa sensibilité s’exprimer avec la plus grande sincérité. Pari réussi : son concert, émouvant et authentique, est un moment suspendu où ses chansons les plus célèbres sont reprises en chœur par un public venu des quatre coins, preuve que son influence continue de s’inscrire avec force dans la postérité.
Au fil des notes et des instants partagés, cette journée s’est effeuillée comme un doux murmure, laissant derrière elle l’écho fragile et précieux d’un rendez-vous suspendu entre passé et renouveau.

12 juillet 2025. Les Francofolies s’embrasent pour la musique urbaine.
Genre le plus écouté dans l’Hexagone, le rap s’impose désormais comme un pilier incontournable de la scène musicale française. Son influence ne se mesure plus seulement en streams ou en vues, mais aussi en guichets fermés : la journée dédiée à cette esthétique sonore a affiché complet plusieurs mois avant l’événement, une performance que n’ont pas réalisées les autres journées du festival.
Mais cette percée n’est en rien une surprise pour les Francofolies, qui n’en sont pas à leur première incursion dans cet univers. Depuis une vingtaine d’années déjà, le festival offre une place de choix aux artistes issus du hip-hop. En 2004, une soirée baptisée « Rap’Folies » rassemblait Diam’s, IAM, Passi et Corneille sur une même affiche. Preuve que cette scène, longtemps marginalisée, a trouvé sa maison sur le port de La Rochelle.
Ce 2 juillet, les festivités s’ouvrent en fanfare avec Ronisia. La chanteuse, accompagnée de ses danseurs, électrise une foule en liesse qui entonne en chœur chacun de ses refrains. Il faut dire que la native du Cap-Vert a su, en un temps record, s’imposer comme une figure majeure du R&B français. En trois ans à peine, elle aligne les succès : un premier album éponyme couronné d’un disque d’or en 2022, une communauté de fans fidèles sur les réseaux sociaux, une Révélation féminine aux Flammes 2023, sans oublier des collaborations avec les cadors du genre, Dadju, Gazo, Ninho. Avec un second album dans les bacs, elle trace son sillage, entre douceur mélodique et puissance scénique.

Dans le sillage de cette ouverture éclatante, le public poursuit son immersion avec les prestations de Bekar et Kulturr. Ce dernier, jeune pousse du rap nommée cette année au Chantier des Francofolies, impressionne par une proposition musicale aussi singulière qu’engagée. À peine un mois après son tout premier concert, Kulturr offre une performance d’une intensité rare, mêlant rythmiques dansantes et influences africaines. Sa musique, ancrée dans ses origines et son quotidien, navigue entre poésie brute et énergie brute, traduisant une volonté de bâtir un univers personnel à la croisée des cultures.
Puis vient l’un des temps forts de la soirée : l’arrivée de SDM sur la scène Jean-Louis Foulquier. Attendu comme le clou du spectacle, le rappeur ne déçoit pas. Dans une ambiance électrique, il enchaîne les tubes, soutenu par des musiciens d’exception, dont un guitariste électrique salué par l’artiste lui-même. Pourtant, la soirée n’a pas été de tout repos : plusieurs malaises dans la foule sont venus troubler les prestations précédentes. Mais rien n’entame l’enthousiasme du public rochelais, conquis par la fougue et le charisme de SDM.
Le clou du spectacle arrive lorsque Hamza, qui venait de livrer un set magistral un peu plus tôt dans la soirée, revient sur scène pour un duo mémorable avec SDM. Ensemble, ils interprètent le morceau « Toka », dans une communion exaltée avec le public. Une prestation à la hauteur de leur statut respectif.

Hamza, depuis ses débuts avec des projets cultes comme 1994 ou Paradise, s’est imposé comme l’un des artistes les plus versatiles et respectés de sa génération. Capable d’alterner entre bangers incandescents et balades mélancoliques, il joue avec les contrastes : ego-trip assumé d’un côté, vulnérabilité poignante de l’autre. Sur scène, il ne se contente pas de raper. Il envoûte. Il ensorcelle. Sa voix flotte dans l’air comme un murmure céleste, chaque note résonnant comme une pulsation d’émotion.
Au-delà de la simple performance musicale, cette journée aux Francofolies fut une démonstration éclatante de la vitalité du rap français, de sa diversité, et de sa capacité à fédérer les foules. Une soirée à marquer d’une pierre blanche, où la musique urbaine a trouvé toute sa noblesse, sur scène, dans les cœurs, et dans les corps en mouvement.
13 juillet 2025. Un dimanche solaire, aux accents de renaissance.
La grande scène s’ouvre comme une paupière doucement levée sur un nouveau chapitre, baignée d’une lumière dorée et d’un souffle encore chargé des remous de la veille. L’air vibre d’une tension légère, résiduelle, comme un soupir oublié de la nuit passée. Et c’est à Émilie Marsh qu’il revient de briser ce silence suspendu.
Ancienne complice de Dani, dont elle fut la fidèle guitariste pendant sept années, Émilie avait déjà, deux jours plus tôt, offert un hommage vibrant à son amie disparue, au Théâtre de la Verdure – un moment suspendu, entre douceur et gravité. Mais en ce dimanche d’été, c’est une tout autre facette d’elle qui s’élance. Fulgurante, solaire, incandescente, elle surgit sur scène telle une comète électrique, traversant le ciel de La Rochelle avec la force d’un cri de liberté.
Entourée de musiciens aguerris, elle ranime l’âme du rock avec une intensité rare. Cheveux au vent, guitare vissée au corps, elle érige un mur de son dans lequel le public se love avec ferveur. Sa gestuelle est animale, presque mystique, ses riffs acérés tracent des éclairs dans l’azur, et les corps répondent à l’unisson. Têtes qui dodelinent, crinières qui volent, cœurs qui battent à l’unisson, la transe s’installe. Ce n’est plus un simple concert, mais une litanie païenne, un sabbat de décibels où chacun, libéré, retrouve un peu de sa sauvagerie perdue.
Puis vient la parenthèse enchantée de Barbara Pravi, qui, telle une funambule des émotions, marche sur le fil ténu entre l’ombre et la lumière. Elle offre au public un moment de douceur cristalline, de grâce à fleur de peau. Chaque mot, chaque silence semble pesé, ciselé, et c’est toute une gamme de nuances, de chuchotements délicats et de crescendos retenus qui habille l’instant d’un velours presque palpable.

La scène s’embrase à nouveau avec l’arrivée de Hoshi, très attendue, reconnaissable entre toutes avec son chignon flou, ses lunettes de soleil comme un masque d’armure, et sa présence habitée. Sa voix, rocailleuse et vibrante, porte des textes gorgés d’émotions, de cicatrices devenues chansons. Elle ne chante pas : elle raconte, elle confesse, elle guérit. Le public, conquis, connaît les paroles par cœur, et l’osmose qui se tisse dans l’air devient tangible. Ce moment suspendu, fragile et puissant à la fois, restera sans doute comme l’un des sommets de cette édition, une clairière d’émotion à ciel ouvert.
Et pour clore cette journée d’exception, entre poésie, puissance et lumière, Julien Doré entre en scène — ou plutôt… laisse d’abord sa doublure faire une entrée théâtrale, provoquant une salve de rires et une brève confusion. Puis, le vrai Doré surgit, crinière flamboyante au vent, espiègle et tendre, tel un enfant rêveur ayant grandi sans jamais trahir sa part de lumière.

Durant plus d’une heure, il offre un concert d’anthologie, en équilibre entre sophistication musicale et fantaisie visuelle. Derrière lui, un écran géant projette des cœurs multicolores, des images douces, presque enfantines, comme autant de caresses visuelles. Ses costumes, toujours choisis avec soin, prolongent cette esthétique légère, presque onirique. Sur scène, il déclame l’amour, célèbre le partage, la bienveillance, l’union des générations. Il se moque tendrement de lui-même, glisse des chorégraphies minimalistes, joue avec les codes du spectacle tout en conservant une profondeur sincère.
14 juillet 2025. Le festival s’est clos dans un éclat de grâce, porté par le concert envoûtant de Ben Mazué, déjà monté sur la scène principale des Francofolies en 2009. Pour ce retour tant attendu, l’artiste a revisité les chapitres de sa carrière, déroulant album après album un fil de ses chansons les plus chères. Devant 12 000 spectateurs suspendus à ses mots, il a exploré les territoires de l’amour, les paysages du quotidien, et ces tempêtes intimes qui nous traversent tous.
Moment suspendu : son duo avec Pomme sur “J’attends”, d’une beauté rare, aussi bouleversant dans sa justesse que dans sa mise en scène.

Puis le souffle du festival s’est embrasé avec l’entrée en scène des légendaires IAM. Devant une foule exaltée, le groupe a invoqué ses hymnes éternels, Petit frère, Nés sous la même étoile, résonnant comme autant de cris de ralliement. Un triomphe pour cette soirée d’exception, marquant également les 20 ans de L’École du Micro d’Argent, célébrée ici dans une version symphonique magistrale.

Et alors que le ciel s’illumine d’un feu d’artifice éclatant, c’est au tour de Lamomali d’entrer en scène. Surgissant depuis la fosse, -M- et Fatoumata Diawara rejoignent les maîtres Toumani et Sidiki Diabaté pour une ultime offrande musicale. Fusion de la France, du Mali et de la Terre, ce projet né en 2017 sous l’impulsion de Matthieu Chedid rend hommage aux traditions mandingues avec une virtuosité saisissante.
Lamomali, souffle d’ailleurs aux racines entremêlées, trouve dans la Kora le battement secret de son cœur.
Sous les doigts de Toumani Diabaté, l’instrument ne joue pas, il rêve. Il déroule les fils invisibles d’une mémoire ancienne, où chaque note est une étoile dans la constellation des griots.
La Kora devient incantation, rivière de lumière charriant des siècles de récits et de silences.
Elle ne connaît ni frontière ni époque : elle s’élance, messagère ailée, entre les continents et les âmes, parlant une langue que seul le cœur comprend.
Les voix s’élèvent comme des oiseaux d’ailleurs, porteurs de langues anciennes et de feux nouveaux, pendant que les instruments, bois, peau, métal, murmurent l’histoire des mondes oubliés.
Et dans cette offrande en mouvement, les musiciens deviennent passeurs de lumière, sculpteurs d’instants, tissant l’éphémère avec l’éternel.
Une soirée de clôture à la hauteur des plus beaux rêves, intense, lumineuse, inoubliable.

Sandrine Mulas et Emma Forestier
Photographies : Sandrine Mulas



