Auteur, dessinateur et grand voyageur, Florent Chavouet réalise plusieurs livres de croquis du Japon où il séjourne régulièrement à partir de 2004. Jusqu’au 10 janvier, la Maison de la culture du Japon à Paris lui réserve une exposition au rez-de-chaussée du bâtiment du Quai Branly.

L’exposition, qui a ouvert ses portes le mardi 2 décembre et restera visible jusqu’au 10 janvier 2026, revient sur l’art graphique de l’artiste français qu’il a réalisé depuis 2004 au Japon. À travers son œuvre, la Maison de la culture du Japon propose une visite de pays du Soleil-Levant autrement, entre dessin et humour, loin du choix habituellement fait concernant le pays, entre « tradition et modernité ».
Décrite comme une « promenade graphique au style foisonnant de détails et pleine d’humour », l’exposition montre une trentaine de dessins de Florent Chavouet, à la découverte des « environnements urbains du Japon, vibrants ou paisibles, où la nature s’invite dans des recoins inattendus ». Un aperçu plein d’humour du pays, où les policiers croqués, réalisant tous sauf un travail de policier, amènent des sourires sur les visages des spectateurs. L’artiste arpente ainsi le Japon des villes (Tokyo Sanpo, Touiller le Miso) ou des champs (Manabé Shima), « avance vers l’inconnu, là où ses crayons le portent ». Il fait du rien et de l’anecdotique un art, où une simple banane sur un carton devient un sujet artistique au même titre que les rues d’une ville ou la façade d’une vieille baraque déglinguée, comme il l’écrit lui-même sur l’un des tirages exposés.
De ses dessins, Florent Chavouet crée des livres à mi-chemin entre le carnet de voyage et la bande dessinée où le texte répond à la précision du tracé architectural. Des œuvres à retrouver dans ses différentes publications, souvent primées : Tokyo Sanpo (2009), Manabé Shima (2010, prix Pierre Loti lors du festival d’Angoulême en 2011), puis Petites coupures à Shioguni, couronné par le prix Fauve polar d’Angoulême en 2015, tous publiés aux éditions Picquier. Il coédite aussi avec le musée du Louvre et Futuropolis une reconstitution minutieuse et drôle de la vie quotidienne du prestigieux musée dans L’île Louvre.

L’art de l’exploration et de la balade urbaine
Florent Chavouet a une façon bien à lui d’explorer le Japon : entre lieux touristiques et lieux privés, entre regard de passant et regard d’habitué, « il s’arrête là où d’autres ne font que passer, note dans son carnet des mots attrapés à la volée, recherche le muret qui lui offrira le meilleur point de vue pour dessiner un décor bétonné ». Une autre façon de penser le tourisme et la visite d’un pays, d’une région, d’une ville. Une balade urbaine.
Représentant des scènes du quotidien, des lieux, des bâtiments, les travaux de l’artiste revêtent un aspect presque journalistique : ne trace-t-il pas, avec ses crayons, un compte rendu de la vie du pays, la démarche d’un passant ou le reflet d’un néon sur la vitre d’un distributeur de canettes ?
Pour la Maison de la culture du Japon à Paris, il s’agit autant d’un inventaire du pays et de son quotidien – à l’image des missions héliographiques de 1851 en France – que d’une découverte du pays ou d’une façon d’inviter au voyage. Et parce qu’un voyage ne peut se faire sans carte et sans connaissance – même partielle – des lieux, l’artiste expose plusieurs cartes de certains quartiers ou villes du Japon. Y sont notés des lieux touristiques et connus et d’autres, plus secrets, normalement réservés aux locaux.
Finalement, entrer dans l’univers de Florent Chavouet, c’est se laisser « porter par le rythme d’une déambulation, porter un regard émerveillé sur tout ce qui nous entoure, observer toutes les composantes de la ville, où chaque angle de rue devient le berceau d’une histoire et chaque promenade, le début d’un nouveau récit ». Et avec l’artiste, ou comme le fait en photographies Alexey Titarenko, la ville devient une histoire à conter !
ndlr : si vous aimez le travail de Florent Chavouet au japon, vous aimerais celui de Me Kyeoung Lee sur la Corée





