Günter Knop, femmes de Vitruve et femmes objets

Kimberly+49

Tout d’abord mettons à mort l’éléphant : Günter Knop n’est pas Helmut Newton.

Pour sur qu’au premier abord, l’œil ne distingue que les ressemblances:

  • Tout deux sont d’origine allemande.
  • Le cinéma expressionniste de leurs pays les a profondément marqué (comme nous tous), et prolongeant les clairs-obscurs  de Lang, Murnau ou Wiene, tout deux utilisent le noir et blanc, et estiment l’ombre projetée aussi intéressante que l’objet dont il est issus.
  • Leurs modèles sont exclusivement féminins, et incarnent une sorte d’idéal sculptural du corps, semblable aux fantasmes de l’athlète ultime des jeux olympiques d’après guerres.

 

15902738281_95982a8e47_o

filet

Mais à procédé quasi-semblable, les intentions peuvent différer. 
Là où Helmut Newton mise sur une certaine émotion du visage, telle que la furtivité d’un regard, le plissement des lèvres, la contraction des traits, où malgré l’extrême complexité de ses installations, l’ont devine toujours le visage du modèle comme le centre du tableau, Günter Knop choisit une toute autre paroisse. 
Lui c’est le corps. Le corps et le corps. Et surtout : qu’est ce qu’on en fait bordel ?

Soudainement mon féminisme intrinsèque se met à rugir et je me dois de préciser de quel corps l’on parle. Celui de Günter Knop n’est pas celui de la femme traditionnelle, et cela serait une erreur de le réduire à un triste lubrique préférant faire poser des femmes « bien faites » pour de charnelles raisons.

copyright-guenter-knop

 

Günter Knop à l’esprit froid. Les femmes rondes ont des courbes, les femmes maigres ont des droites. C’est géométrique. Et celui qui fut l’assistant du graphiste révolutionnaire Henry Wolf, préfère les droites. Il préfère les calculs de Vitruve

D’ailleurs du corps nu, il a ôté toute sensualité. Les femmes sont nues, car les vêtements pourraient fausser les mesures.

La question que pose son œuvre est simple : si l’on lui ôte tout caractère séducteur, que faire du corps en tant qu’objet ?

Donc Günter Knop expérimente. Il est une sorte designer à qui a été confié un objet sans objectifs. Est ce fait pour qu’on s’y repose, est-ce fait pour décorer, est-ce fait pour se tenir contre ? 
Il tâtonne, tente des choses diverses en suivant la stricte méthode scientifique. Ses modèles occupent l’espace, en haut, en bas ; sont parfois enchevêtrés avec d’autres objets ; sont, remués, tordus, divisés par la lumière. Autour d’elles s’accumulent des formes géométriques en direct références à la géométrie de leurs corps. Il y a le triangle, le carré, le cercle et le corps de la femme. Günter Knop prend ses photos à la règle et au compas.

 

The+Time+Machine

Le corps qu’un obscur créateur nous a doté est un modèle de proportion. Tout objet répond à une fonction, cela fait sens, et Günter Knop, dans son studio photo à Harlem, s’est mis en tête de la trouver. Trouver les raisons de la géométrie du corps.
Cherche encore, Günter, cherche encore.

Günter Knop levitation

clair obscur

Split

Shadi11_1-33

Mira+1-0019

Kreise  copyright-guenter-knop

Susanne2-7

Slice

Hold+it+please+ Bug

Season+Greetings

Günter Knop nue

Günter Knop photo

Gunter Knop

www.guenterknop.com

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Plus d'articles
Manish Arora SS14 — Paris Fashion Week