A première vue, ça ressemble à des esquisses à l’encre de Chine, ou non, à moins que ce soit plutôt des citations des femmes en noir et blanc de Miss Tic… ?
Gavin Worth a l’art de nous perdre dans un dédale d’interrogations, et il est aussi le seul à détenir le fil d’Arianne. Naissance africaine, enfance américaine, né au Zimbabwe puis élevé à Las Cruces, dans le Nouveau Mexique, l’artiste-citoyen du monde puise maintenant son inspiration au Moyen Orient, où il vit et travaille en tant qu’enseignant à l’École Internationale Américaine du Caire.
Revenons-en à cette histoire de fil.
Tout commence lorsque M. Worth tombe nez à nez avec la Tête de Leda de Michel Ange. Alors acteur et musicien pour le Santa Fe Shakespeare Festival, il sait que de cette rencontre ressortira un homme nouveau.
Sculpter, et pourquoi pas ?
Oui mais voilà, il a en lui l’obsession de l’innovation, l’appel de l’inconnu, l’audace de la découverte. C’est en étudiant les mobiles d’Alexandre Calder qu’il a la révélation. Le monde du fil de fer, emprunt d’un charme tout en sobriété et d’un minimalisme dont la puissance ne laisse pas d’ahurir le spectateur, s’ouvre à lui. Au travers d’un réalisme voluptueux, Gavin Worth retranscrit les petites choses de la vie, fixe tous ces petits moments volés à l’intimité, pour en révéler la beauté authentique et inhérente. Il sculpte les contours, les plis révélateurs qui animent ses figures métalliques, élaborant ainsi un vrai dialogue avec le public. Celui-ci se doit de les approcher petit à petit, d’admirer tel mouvement sous tel angle précis puis de tourner autour afin de multiplier les points de vue.
On citera par exemple la fameuse œuvre de commande pour la ville de Matha en France, intitulée Thirst, où le spectateur fait partie intégrante du processus artistique.
Découvrir le travail de Gavin Worth : http://www.gavinworth.com/