Les éditions Arnaud Bizalion entament fort 2026, avec trois nouveaux titres : de la neige du Nord à la chaleur du Sud en passant par le visage changeant de l’enfance, Bernard Plossu et Florence Chevallier explorent des chemins intérieurs : ceux du souvenir, du regard et de la beauté des instants suspendus.

Trois livres viennent enrichir la collection des éditions Arnaud Bizalion en ce début 2026. Bernard Plossu publie deux ouvrages : Polska, zima 1992, dans lequel il retrouve sous le froid polonais la poésie du monde en mouvement ; et Lumière sud, où il revient à La Ciotat et où la lumière devient matière photographique et où il s’intéresse à sa terre et sa clarté. Avec En herbe, Florence Chevallier explore l’enfance comme un miroir du temps, entre éveil, beauté et mémoire.
Trois livres proposant chacun une manière d’habiter « le temps et la lumière » : Bernard Plossu, photographe français né le 26 février 1945 à ĐàLạt, au Sud du Viêt Nam, revient sur son passé, celui qu’il a vécu aux États-Unis et dont il se souvient les hivers rigoureux, mais aussi La Ciotat et ses paysages brûlés par la lumière estivale ; Florence Chevallier, diplômée de l’Institut d’études théâtrales en 1978, s’oriente définitivement vers la photographie en 1979 et s’intéresse à l’enfance, celle que « chacun porte en lui ».

Des brûlures de l’hiver aux gènes de l’été
Bernard Plossu navigue entre la froidure de l’hiver, « un peu comme autrefois, aux États-Unis, quand [il s’] inventait sa vie sur les hauts plateaux du Nouveau-Mexique » et la chaleur de l’été, entre les « paysages urbains et le littoral brûlés par la lumière estivale de La Ciotat » où il réside. Le froid lui évoque « un temps à trouver dans la brume des visages de chaleur, des beautés féminines aussi sauvages que de grâce, des passages secrets dans les paysages figés ».
Un temps aussi pour raconter sa vie à Pierre Devin, qui conduisait la voiture, et au photographe Wotjek Prazmowski, auteur de L’Ange brisé et qui guidait le trio de Czestochowa à Lublin, non loin de la frontière russe, « haut lieu de l’hassidisme et de la transmission des mystères de la kabbale ». Un autre pour confier à sa femme, Françoise Nuñez, le soin du développement des photographies, que la mauvaise exposition des négatifs rend difficiles à tirer.
Nous sommes en 1992 et Bernard Plossu visite Lublin, en Pologne, alors territoire de l’URSS. C’est sa première visite d’un pays communiste et l’artiste rend compte d’un territoire « au début de son dégel idéologique, dans la permanence bousculée de ses structures et de son peuple », territoire qui n’en est pas moins poétique.


Souvenir d’enfance
«Chacun porte en lui son enfance, à la fois présente et absente, fondatrice et perdue » : voilà quinze ans que Florence Chevallier suit quotidiennement Gabrielle, enfant devenue adolescente. Une façon, comme le souligne la maison d’édition, de convoquer « une histoire de la photographie qui remonte à Julia Margaret Cameron, et surtout à Lewis Carroll, dans les références au monde poétique de la Renaissance, ou à celui qui figure de l’autre côté du miroir ». Son site.
Hors de question, cependant, de réduire la question de l’enfance, celle que nous avons tous vécue, à un album de famille comme le fit Émile Zola pour sa fille Denise. Elle nous montre l’ambiguïté des relations familiales, transgénérationnelles, évoque l’oubli de soi, saisit la beauté de cette relation figée dans le temps.





