Une Chronique Graphique #1 : Winterfell, Laurence Boccolini et Shiva 1

Une Chronique Graphique #1 : Winterfell, Laurence Boccolini et Shiva

Chronique Graphique

Les premières fois sont, il est vrai, toujours un peu troubles, on se meut dans un gloubiboulga d’angoisse et d’excitation, un mélange bien hasardeux. Et puis allez, lançons nous, sortons de cette zone de confort qui commence sacrément à sentir le renfermé.

On a décidé d’installer un petit rythme sur Beware, un article qui reviendrait tout les mois, comme un grand, et centré sur la rubrique Graphisme. Cette chronique partirait d’un élément faisant l’actualité du mois, et en découlerait une thématique, et un corpus d’images qui accompagnerait cette thématique même. De ce fait, une nouvelle thématique en lien avec le graphisme est abordée chaque mois, introduisant ainsi des artistes, des expositions, des réflexions répondants à ce thème, un défrichage orienté en somme.

Aujourd’hui sera donc la Chronique Graphique numéro 1, c’est un peu le pilote d’une nouvelle sitcom HBO (dont on reparlera), le prototype d’un nouveau drone, il passera certainement par la case « révision » avant d’être tout beau tout propre! Mais comme je le disais plus haut, les premières fois sont toujours un peu troubles, donc vous ne nous en voudrez pas, j’en suis certaine.

Le but n’étant pas de s’enliser dans des sujets trop sérieux, dans des débats politiques interminables (tu sais comme celui où ton grand père finit par quitter la table), ce n’est pas nôtre rôle chez Beware. En revanche ce mois ci, nous avons pu renouer avec notre addiction Games Of Thrones, avec son générique qu’on zappe, ses clans, ses crânes qui éclatent, ses scènes de cul, ses morts subites bien plus subites qu’avec Laurence Boccolini et bien entendu sa dimension mythologique.

Répétées au moins 126 fois et demi par épisodes, la fameuse promesse « On the old gods and the new gods », sa prêtresse des flammes qu’on a tous envie de gifler violemment, ses terres arides au tribus chamaniques, ses corbeaux à trois yeux et j’en passe, la revendication païenne est bien à l’honneur et est même revendiquée dans cette série superproduction signée HBO. Chaque clan ses croyances, chaque région sa mythologie, avec à chaque fois une identité visuelle propre, construisant la forte singularité de cette série. Cette euphorie ambiante GOT va me permettre d’aborder la présence, l’emprunte visuelle de la mythologie dans le graphisme contemporain

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Si vous trainez un chouilla sur des réseaux du type Behance ou encore Tumblr, ou aurez surement remarqué depuis disons 2 ans, une forte présence de bustes antiques, de figures mythologiques romaines, grecques, des modèles classiques, des marbres rigides se mêlant à une esthétique 90’s. Même des marques tels que Nike ce sont misent à ce revival assez étonnant.

On ne parlera bien évidement pas d’une énième renaissance artistique, cette réutilisation de modèles classiques sont des cas assez isolés dans le monde de l’art et la création, on parlera plutôt d’une ré appropriation, d’un clin d’oeil, d’un petit smile en passant, tavu. Mais ce regain, cette récupération esthétique de figures mythologiques, que ce soit des divinités Hindoues dans des animations Sea Punk, où d’un buste de Zeus dans la dernière créa du studio machintruc, intrigue sur la manière dont nous voyons la mythologie passée dans la création graphique actuelle. Est ce par pure récupération esthétique? Ou désir d’inspiration sacrée, divine, d’avoir un contenu qui gagne en profondeur et recherche d’un certain mysticisme? Comme une matière légitimante

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Chad Wys se contre fiche du mysticisme, il déconstruit ces images classiques, ces symboles de divinités antiques, en se les réappropriant dans une approche désacralisante et désinvolte.

L’australien Nick Thomm lui façonne son travail avec une plus grande diversité de médiums, vidéos, installations, sculptures, posters, néons, ces expositions (comme Tropic Glows) sont des temples Sea Punk, un univers de divinités psychédéliques, comme une plongée totale et sans brassards dans un clip de M.I.A.

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Côté illustration, Eleanor Taylor situe elle ces figures mythologiques comme d’anciennes reliques, en état de ruines, perdues, abandonnées dans la brousse, dont plus personne ne semble se soucier.

La place de figures mythologiques classiques semblent être aujourd’hui dans la création graphique contemporaine, un emprunt surtout esthétique, bien que souvent teinté d’humour et parfois d’une réflexion sur l’énonciation des modèles de beauté, non sans écho à nos propres canons.  

Suite du Corpus 

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On se retrouve dans un mois pour un nouveau corpus!

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