Pablo, le feu aux mots

Image d'avatar de EmmaEmma- Le 10 juin 2025

Il se nomme Pablo. Il écrit, il compose, il chante. Il joue aussi. C’est un funambule des temps modernes, un conteur habité par le tumulte, qui préfère l’écho des planches à l’inertie des silences. Chez lui, l’art n’a rien de figé : il déborde, s’improvise, jaillit dans les voix, s’ancre dans les corps, s’inscrit dans les regards. Raconter, toujours. Défaire les certitudes, allumer des foyers dans les foules. C’est dans cette incandescence qu’il trouve sa vérité.

Avant que la scène ne devienne sa seconde peau, il y avait les mots. Des poèmes griffonnés en marge, des pages pleines de silence et de feu. Très tôt, il rêvait romans, recueils, vers à l’encre noire. Mais la page ne suffisait plus : il lui fallait une chair, une vibration, un cri. Alors la musique s’est imposée — comme une évidence, comme une urgence. Le piano, d’abord. Puis la guitare, à peine effleurée. Et surtout, la voix. Sa vraie matière. Son seul vrai instrument. Une voix qu’il cisèle, brutale et nuancée, taillée dans le vif comme une pierre encore vivante.

Son premier EP, Peux-tu encore danser, est sorti comme on murmure un secret à la nuit. Célébré à la Boule noire le jour de sa sortie, cette salle frémissante de mémoire parisienne a un avant gout de consécration. L’électricité dans l’air, les battements au galop, un vertige entre la fête et le trac. Pour ce Parisien d’origine, cette scène a valeur de rite. Une première grande date, un plongeon. Dans la salle, des visages aimés. Des témoins du tout début. Le cœur nu.

Pablo - La fin (Clip officiel)

Ce disque, il l’a sculpté avec Ivy, jeune orfèvre du son venu du rap, rencontré dans un sous-sol à une heure où la ville dort. Session clandestine, instinctive. Ivy, il l’avait déjà repéré via Mousson. Un œil neuf, une vision claire. Ce soir-là, tout s’est scellé. Une alchimie rare. Ivy a donné forme à toutes les maquettes, et depuis, ils avancent ensemble, signés sur le même label, liés par une exigence commune et une confiance sans faille.

Dès les premières notes, un contraste saisissant : Une vie à deux ouvre l’EP avec une rage électrique, presque garage. Puis Mama Baila vient danser une bossa-nova inattendue, souffle solaire dans le tumulte. Pablo refuse les cases : il aime les failles, les frottements, les couleurs multiples. Le projet, d’abord rugueux, ancré dans les sonorités latines de son enfance, a évolué vers une pop rock vibrante, traversée de guitares et d’ombres. Il embrasse l’étiquette sans s’y soumettre. Cinq morceaux comme une cartographie intime, un kaléidoscope tendu, fiévreux.

Pablo, crédit Eliott de Sousa
Crédit : Eliott de Sousa

Trois figures l’accompagnent en filigrane : Manu Chao, pour le feu nomade et l’endurance des scènes sans fin. The Strokes, découvert à l’adolescence comme une porte vers toute la britpop. Et Stromae, maître des masques, pour la finesse d’écriture, l’invention, la capacité à incarner sans se trahir. Trois phares, trois tensions, une seule rigueur.

Parmi les morceaux, Maracuya s’impose. Fruit de la passion. Déclaration d’amour cryptée, cueillie comme on vole un instant fragile. Un après-midi dans le studio d’Ivy, deux accords tournent. Une heure plus tard, tout est là. Le texte jaillit, limpide. Il parle des désirs que l’on tait, de ces ombres qu’on apprivoise sans les dissoudre. Une chanson douce-amère, une confidence. Elle l’a aidé à se libérer, à s’incarner sur scène avec plus de justesse, plus de peau.

Le visuel de l’EP, signé Eliott de Sousa, est né du hasard : une moquette rouge, lumière rasante, photo prise sur le fil. Et l’image s’est imposée. Grain vibrant, chaleur brute, fête éclatée. Rien de prévu. Tout de sincère.

Et puis il y a l’autre scène : celle du cinéma. Pablo y trace un chemin parallèle, presque en silence. On l’a vu dans Malditos (HBO France) et Carême (Apple TV), deux projets jumeaux dans leur timing, dissemblables dans leur ton. Il n’avait pas rêvé de jouer : il est tombé dedans comme on tombe amoureux, et ne voit aucune frontière entre musique et jeu : deux visages d’un même feu.

Portrait de Pablo
Crédit : Eliott de Sousa

Les mois à venir s’annoncent denses. Un concert au Pop-Up du Label le 19 juin, puis le 27 juin au festival Sœurs Jumelles, scène émergente. Et après ? Il ne dit rien. Il avance, libre. L’histoire continue, toujours en mouvement. Ni domptée, ni terminée.

Vous pouvez retrouver les actualités de Pablo ici :

Instagram : https://www.instagram.com/pablo_1er/

Youtube : https://www.youtube.com/channel/UCsQbZch56F-n-MnsCAQbfvg

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Emma
Article écrit par :
Emma est actuellement apprentie programmatrice pour des émissions notamment à France Tv Après avoir arpenté quelque temps les institutions classiques en chargée de com, elle déchaîne à nouveau sa crinière électrique dans les caves de Pigalle.

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