
Le rap suisse est désormais bien ancré sur la carte. Si la scène belge a explosé il y a près de dix ans, il aura fallu un peu plus de temps pour que son voisin francophone décroche ses lettres de noblesse.
Portée par des figures emblématiques comme Makala, Di-Meh et Slimka, la scène suisse a gagné sa place dans les festivals et playlists hip-hop. Dans cette lignée, les récents projets de Rhouna et Maïro, purs produits de l’école genevoise, ne laissent pas les amateurs du rap indifférents.

La naissance du rap suisse
Le hip-hop fait son entrée en Suisse dans les années 80, comme dans beaucoup d’autres pays européens. Les premiers groupes de rap suisses se démarquent au milieu des années 90, avec Sens Unik et Double Pact, qui placent Lausanne sur la carte.
La décennie suivante est marquée par l’ascension de Stress, ex-membre de Double Pact, devenu l’étendard du rap francophone suisse. Pendant ce temps, le rap alémanique connaît un essor spectaculaire et fait de l’ombre aux artistes romands. Porté par des figures comme Bligg, Greis ou Sektion Kuchikäschtli, il s’appuie sur une force singulière : le dialecte suisse-allemand. Cette langue locale, ancrée dans une culture propre, donne au rap alémanique une authenticité et une identité uniques.
La relève du rap suisse : Makala, Slimka et Di-Meh
C’est au milieu des années 2010 que la scène romande connaît un tournant majeur. Alors que le rap devient le genre musical numéro un en France et que des artistes belges comme Hamza et Damso atteignent les sommets, Genève fait parler d’elle grâce au collectif SuperWak Clique. Véritable vecteur créatif, ce collectif rassemble rappeurs, producteurs, vidéastes et designers. Il devient le tremplin pour Makala, Slimka, et Di-Meh, trois rappeurs techniquement brillants, rassemblés sous la bannière des XTRM Boyz. Avec une énergie débordante et un sens inné du spectacle, ces trois pionniers se font une réputation en mettant le feu aux scènes.
Plongé dans le milieu du rap avant ses acolytes, Makala sera le premier à faire parler de lui avec plusieurs mixtapes produites par le beatmaker Pink Flamingo, à partir de 2013. Di-Meh fera ses premières apparitions peu après, avec notamment un couplet débordant d’enthousiasme sur le Grünt 13 en 2015. Il sort son premier projet en 2017, tout comme Slimka avec No Bad, Vol. 1.
Ensemble, ces trois rappeurs n’atteignent peut-être pas les sommets commerciaux, mais ils se forgent une réputation solide grâce à des prestations mémorables sur scène comme en freestyle.
L’émergence de Maïro
C’est cette même année 2017 qu’un diamant brut fait son entrée dans la SuperWak Clique : Maïro. Ce genevois va tranquillement peaufiner son art aux côtés de ses mentors, avant de sortir le projet 95 monde libre en 2020, qui attirera l’attention d’un certain Alpha Wann. Un passage sur Colors en 2021 suivi d’une apparition dans le Grünt 50 l’année suivante confirmeront son potentiel.

L’année 2023 marque un tournant pour Maïro, qui dévoile deux EP remarqués : Omar Chappier puis Déjeuner en Paix, produit par JeanJass. Ces projets révèlent un rappeur en pleine maîtrise de sa technique, capable d’aligner assonances, allitérations et doubles sens à en couper le souffle.
Maïro consolide son statut en 2024 en multipliant les collaborations avec des étoiles montantes comme H Jeune Crack, Nes ou Wallace Cleaver, ainsi qu’avec son deux-titres Rouge et Noir. Il clôt l’année avec un Grünt magistral. Pendant plus de 50 minutes, il enchaîne les prods et styles avec une aisance impressionnante, dans un décor minimaliste qui met en valeur l’essentiel : son talent.
Cette performance, qui fait l’unanimité, assoit définitivement Maïro comme l’une des figures incontournables du rap francophone.
La suite s’annonce radieuse pour ‘M.A.I.R’ dans une ascension qui paraît inarrêtable.
Pour suivre l’actualité de Maïro, retrouvez le sur ses différents réseaux sociaux :
Instagram : https://www.instagram.com/mairoxtrm/?hl=en



