David Rothschild est le genre de photographe non-conventionnel. Loin des photos ensoleillées et colorées, the Wholeheart, comme il se surnomme, vient chercher la beauté dans l’insoupçonné. Originaire de Virginie, ce photographe-musicien explore à travers son art l’inconnu.

L’argentique comme terrain d’attention
Dave Rothschild a commencé la photographie un peu par hasard, avec un Vivitar noir point-and-shoot, un appareil photo assez commun dans les années 90. Le but premier n’était pas de “faire de la photographie” en elle-même, mais plutôt de trouver un moyen d’exprimer visuellement ce qu’il ressentait. L’utilisation de ce premier appareil lui a permis de capturer, en un seul clic, ce qu’il voyait. L’argentique confère à la photographie une sensibilité spéciale : prises lentes, pellicules sensibles, lumière naturelle…En utilisant des appareils simples, the Wholeheart laisse, en quelque sorte, au film la surprise du résultat. Il fait confiance, patiemment, aux processus imparfaits. Le résultat ? Des images à la fois brutes et sensibles, pleines de grain et d’incertitudes. Elles hypnotisent également le regard, bien qu’elles ne soient pas nécessairement cadrées avec précision. Certains pourraient reprocher à Dave Rothschild de ne pas pratiquer une photographie “technique” mais c’est là tout son art. Le photographe se laisser guide par son intuition. Il attend le bon moment et capture des scènes qu’il qualifie lui-même de “chaotiques”.


Quand les lieux inhabités parlent
Rothschild photographie les arbres nus dans la forêt, les vieux bâtiments oubliés et détruits, les clairières vides et les pièces désertées. Il n’y a aucune présence animale ou humaine sur ses photos. Notre regard s’interroge et se penche alors soit sur des détails anodins, comme le nombre ou le mouvement des branches, soit sur l’absence et l’inexistant. Il y a dans ses images une forme de tension douce : entre la présence et le fantôme. Dave Rothschild aime ces endroits qui semblent avoir quelque chose à dire, mais qui ne parlent que si on sait se taire. On ressent alors que la photographie est pour lui une forme de thérapie. Il photographie la vie dans sa simplicité, dans ces lieux qu’on ignore habituellement. Ses photographies révèlent l’inhabituel.


On sent aussi le goût du photographe pour les contrastes : la douceur d’une lumière d’hiver après la neige, mais aussi l’intensité d’un orage ou d’une brume d’automne. Une fascination pour les extrêmes, la nature imprévisible, la beauté de ce qui résiste ou se défait. Il pousse à travers ses photographies à s’arrêter, admirer et se questionner.


La photographie qui se prolonge dans le son
Ce n’est pas un hasard si Dave Rothschild compose de la musique en parallèle de ses images. Dans plusieurs de ses projets, notamment Solitude, chaque photo s’accompagne d’une pièce sonore, jouée à la guitare, souvent improvisée. L’image devient un point de départ tandis que la musique vient prolonger l’émotion et lui donner un second souffle. En créant la bande-son de ses propres photographie, The Wholeheart se positionne en artiste à part entière. Toujours dans cette même idée d’exploration et d’observation, la conjugaison du visuel et du sonore dessine un espace sensoriel. Chaque cliché ouvre un passage à la rêverie, l’introspection et à la réflexion. Ainsi, les photographies et les musiques permettent de faire ressentir au spectateur plusieurs choses à l’aide de l’ouïe et de la vue.
Cette approche sensorielle crée une œuvre à deux voix, où le son prolonge le silence des lieux capturés. Les accords de guitare, souvent dissonants ou inachevés, rappellent la fragilité du monde qu’il photographie. Le photographe-musicien ne cherche pas à expliquer, mais à faire ressentir, comme une invitation à ralentir et à observer autrement.

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