Street-artiste portugais, Bordalo II mêle dans son art ordures, couleurs vives et critique de la société consumériste, dévastatrice pour l’environnement. À partir d’objets récupérés dans les poubelles, condamnés à être jetés, l’artiviste nous pousse à réfléchir sur nos modes de consommation et notre impact sur le réchauffement climatique.

De son vrai nom Arthur Bordalo, Bordalo II grandit aux côtés de son grand père, peintre, dont il hérite très tôt de la passion pour l’art et la peinture. Son pseudonyme lui rend d’ailleurs hommage, affirmant cet héritage artistique. Il commence le graffiti dans la rue dès l’âge de 11 ans, puis poursuit des études à la faculté des Beaux-Arts de Lisbonne pendant huit ans, où il expérimente différentes techniques et matériaux, notamment la sculpture et la céramique.

Un bestiaire géant et militant
Des tuyaux usagés, des bouts d’un vieux pistolet pour enfant, un xylophone jeté et la magie opère : deux singes apparaissent à côté d’un arbre. L’alchimiste Bordalo II transforme les ordures en véritables oeuvres d’art. Ses réalisations les plus célèbres sont les Big Trash Animals : des animaux représentés à très grande échelle, la plupart en voie d’extinctions. En faisant des déchets sa matière première, Bordalo II a utilisé près d’une centaine de tonnes de plastique, affirmant ainsi le lien étroit entre sa démarche artistique et son engagement militant et activiste.

Quand la rue devient un manifeste
Qu’il s’agisse de fresques sur les murs de grandes métropoles ou de structures à taille réelle installées au coeur d’esplanades publiques, l’artiste conçoit son art pour qu’il ne puisse pas être ignoré. Loin d’être abstraites, ses oeuvres se veulent à la fois réalistes et percutantes. Le moindre détail, travaillé avec de vieilles grilles, des clous ou encore des carcasses de voitures, nous pousse à regarder avec attention chaque composant de la création. Le visage de chaque animal est divisé en deux : la moitié aux teintes ternes et l’autre aux couleurs vives, accentuant À travers le monde, Bordalo II nous interpelle sur les dérives du matérialisme, de la surconsommation et de la surproduction dans laquelle nous vivons quotidiennement.

Un artiste engagé dans toutes les luttes
Le réchauffement climatique n’est pas le seul champ d’action du street artiste portugais. Par le biais d’installations éphémères et de plus petit format, comme Provocative ou Train Tracks, Bordalo II suscite la réflexion sur certaines décisions politiques ainsi que sur des luttes sociales et sociétales : droit des femmes, place omniprésente de l’argent et du pouvoir, paix dans le monde… Une partie des profits générés par la vente des Small Trash Animals, miniature de ses Big Trash Animals, sont reversés à des associations engagées pour l’environnement et la défense animale.


De passage à Paris, l’exposition “Irréversible” de l’artiste est à retrouver à la galerie Mathgoth dans le 13ème arrondissement du 24 mai jusqu’au 28 juin 2025. Son site : https://www.bordaloii.com/



