Siyé est un chanteur de 34 ans naviguant habilement entre le Rock Indie et le R&B alternatif. Son dernier EP, “Tachycardie“, est une exploration sensorielle des états du cœur : battements accélérés, désirs contenus, blessures et résilience. À travers six titres puissants et nuancés, Siyé nous ouvre les portes de ses émotions, entre tension et douceur. Beware Musique est allé à sa rencontre.

Siyé à commencé la musique en 2021, son deuxième Ep “Tachycardie” est sorti le 23 mai 2025. L’artiste s’impose comme une figure singulière de la scène musicale francophone, à la croisée du Rock Indie et du R&B alternatif.
Ce nouvel EP confirme Siyé comme une voix ancrée, lucide et engagée dans son époque.
Beware! Est-ce que tu pourrais te présenter avec tes mots ? Qui es-tu, Siyé ?
Je suis Siyé. Je suis un auteur-interprète de 34 ans originaire de Paris, où je suis né. J’écris mes chansons. Mon style de musique, c’est un mélange de R&B alternatif et d’indie-rock. Tout ça en français.
Pourquoi avoir choisi Siyé comme nom d’artiste ?
Je voulais un nom qui soit court et facilement prononçable dans plusieurs langues. Je suis tombé sur un mot en Lingala, qui est la langue de mes parents. Et Siyé, ça veut dire lumière.

Est-ce que tu pourrais me donner, une description de ton style musical ?
Mon style musical, c’est un mélange de R&B alternatif. En fait, on n’est pas dans du R&B classique, on n’est pas dans du rock classique, mais on est dans un peu une réinvention des genres. Et c’est un mélange de ces deux mondes qui donne le résultat de ma musique.
Quels sont les artistes qui t’ont inspiré durant ta jeunesse ?
Quand j’étais jeune, j’écoutais beaucoup de R&B, un peu des classiques, des 90’s, du style Aaliyah, Justin Timberlake. Mais j’écoutais aussi pas mal de rap français. C’est l’influence de mon grand-frère. Il y avait du Booba, de la Sexion d’Assaut. J’écoutais aussi pas mal de MC Solaar, qui m’a inspiré parce qu’il parle par son écriture. Et après, j’ai été influencé par mon père, qui écoutait beaucoup de Tracy Chapman, et un peu de folk, parce qu’il jouait de la guitare. C’était assez éclectique déjà à l’époque.
Je voulais vraiment parler de tout ce qui peut faire entrer en tachycardie.

Tu as sorti ton EP “ Tachycardie” il y a un mois. Quelle a été l’impulsion pour écrire ce nouvel EP ?
J’avais sorti mon EP précédent, qui s’appelle “L’amour béton”, en mars 2024. J’avais déjà commencé à écrire pas mal d’autres chansons qui ne rentraient pas dans cet EP-là, mais qui, à mon sens, formaient un discours cohérent autour des différents états du cœur.
Je voulais vraiment parler de tout ce qui peut faire entrer en tachycardie. C’est-à-dire quand ton cœur s’emballe et qu’il bat 120 battements par minute. Ça peut être à la fois des choses positives, comme de l’amour, de l’excitation, de la joie pour quelque chose, de la passion, etc. Mais ça peut aussi être des choses plus sombres, comme quand tu as peur ou que tu es angoissé, ce genre de choses.
Est-ce qu’il y avait une idée particulière derrière cet EP qui est sorti ?
C’était surtout pour les paroles, je voulais rester sur ce thème de l’exploration des états du cœur et de ce que ça peut engendrer comme émotions. Ma musique est souvent autobiographique, donc je parle beaucoup de mes expériences vécues. Et l’idée, c’était vraiment d’essayer d’aller un peu plus en profondeur sur ces sujets-là, d’explorer un peu plus mon âme et mon cœur.
Comme sujet personnel, par exemple, dans le single “ Monstre “, tu écris “Fuck les monstres qui m’habitent !”, ou encore ” Insomnie colonise mes nuits !” C’est important pour toi de parler de ces choses-là ?
Oui, carrément. En fait, je pense que tout ce qui est lié à la santé mentale, ce sont des sujets qui touchent beaucoup de gens. Il y a beaucoup de gens qui n’en parlent pas aussi. Et moi, je trouvais que c’était quelque chose d’assez cool de pouvoir évoquer ce sujet-là. Et, peut-être, que les personnes qui ont peut-être vécu les mêmes expériences, ou ces mêmes émotions-là, peuvent trouver un peu de réconfort.
Il y a eu toute une réflexion, toute une évolution aussi par rapport à moi-même et par rapport à ma place en tant que Français d’origine africaine.

Un des morceaux phares de ton EP, c’est le single, “Noir”. Comment est venue l’idée de t’écrire et de produire ce morceau ?
“Noir”, c’est une chanson que j’avais déjà écrite pour le projet précédent. L’idée est venue du contexte politique actuel, avec la volonté de l’extrême droite, des gens qui remettent en cause les identités des gens et qui en font des armes contre eux, qui les retournent contre eux.
Pour moi, c’est plutôt quelque chose que je devrais célébrer, la communauté des gens, des expériences et des cultures. Ce n’est pas forcément un single, mais le fruit d’un cheminement aussi personnel. Il y a eu toute une réflexion, toute une évolution aussi par rapport à moi-même et par rapport à ma place en tant que Français d’origine africaine.
Quel est le message que tu souhaites faire passer à travers ton clip “Noir” ?
L’idée du clip que j’ai écrit, c’était de se réapproprier des marqueurs culturels, on va dire occidentaux, mais de les réinterpréter avec des personnes d’origine afro-descendante. Chaque personnage, c’est un tableau qui existe déjà. Par exemple, j’étais le tableau de Magritte avec la pomme. Il y a Marie-Antoinette avec sa rose. Il y a la naissance de Vénus. Il y avait la jeune fille à la perle… Et ce que je me suis dit, c’est que je voulais quand même que les gens aient des marqueurs pour reconnaître les œuvres d’art qui puissent refléter le propos de la chanson, tout en ayant un twist.
Le choix de le tourner en plan-séquence, c’était voulu ?
Oui, parce que je n’aime pas la facilité. Comme ce sont des tableaux de base qu’on réinterprète, je voulais vraiment qu’on ait cette idée d’avoir un tableau global. C’est pour cela qu’à la fin, il y a les cinq personnages ensemble.
Dans “Tachycardie”, il y a des transitions où le morceau change de rythme, prend plus de vitesse. Pourquoi un tel changement entre 2024 et 2025 ?
Je pense qu’il y a eu une évolution de mon genre musical. Parce que c’est vrai que le premier projet, il était plus R&B avec une touche de pop. Et là, je suis parti sur quelque chose de plus indie rock, R&B international. Donc, il y avait un peu ce changement de paradigme dans le son avec plus de guitare électrique et sèche, mais aussi un truc basé plus sur des sonorités, même en termes de batterie. Et avec ma voix, la façon dont je chante, c’est plus R&B au final. Donc, il y avait cette volonté d’évolution dans le son et une volonté d’aller vers des nouvelles choses.

Quelle est ta playlist du moment ?
J’écoute en ce moment une artiste qui s’appelle Éma. Elle a sorti une chanson qui s’appelle “Amour fou”. Ensuite, il y a le nouveau Royel Otis. En troisième Et après, il y a aussi une artiste que j’aime beaucoup qui s’appelle Rachel Chinouriri qui a sorti un album en 2023. Et j’écoute une chanson qui s’appelle “What a Devastating Turn of Events”.

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Siyé sera en concert à Paris le 5 juillet, clique ici pour la billetterie.
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